Source NouvelObs.com

Tsahal aurait tué 30 civils qu’elle avait rassemblés

Selon l’ONU, “le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens vers une seule maison à Zeitoun en leur ordonnant de rester à l’intérieur (…) 24 h plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison”. 30 personnes sont mortes.

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Des Palestiniennes tentent de retrouver leurs biens parmi les décombres de leur maison à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 janvier (Reuters)

L’armée israélienne a tué cette semaine dans un bombardement 30 civils qui faisaient partie d’un groupe de 110 Palestiniens qu’elle avait rassemblés dans une maison de Gaza, a affirmé vendredi 9 janvier l’ONU en citant des témoins.

“Selon plusieurs témoignages, le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens vers une seule maison à Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur”, a affirmé un communiqué de l’Office de l’ONU pour la coordination humanitaire (OCHA).

“Vingt-quatre heures plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30″ personnes, ajoute le communiqué.

Selon OCHA, il s’agit de “l’un des plus graves incidents depuis le début des opérations” israéliennes dans la bande de Gaza, le 27 décembre.

“Ceux qui ont survécu et ont pu le faire ont marché deux kilomètres vers la route de Salaheddine avant d’être transportés vers un hôpital dans des véhicules civils. Trois enfants, le plus jeune étant âgé de cinq mois, sont morts à leur arrivée”, a ajouté OCHA.

Interrogée, une porte-parole de l’armée israélienne a affirmé ne pas disposer d’information sur cet incident, mais a ajouté que l’armée enquêtait.
La Croix-Rouge internationale a accusé jeudi l’armée israélienne de l’avoir empêché d’accéder à des blessés palestiniens pendant plusieurs jours dans ce même quartier de Zeitoun de Gaza-ville, dont des enfants coincés dans leur maison avec le corps de leur mère tuée dans des combats.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des ambulances n’ont été autorisées que mercredi –soit cinq jours après le début des combats– à accéder à plusieurs maisons dans le quartier de Zeitoun où se trouvaient des blessés et des morts.

 

Bien entendu, les Etas-Unis ont vivement réagi : Condoleezza Rice juge “difficile” pour Israël de ne pas atteindre des civils

La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a jugé vendredi 9 janvier “difficile” pour Israël de ne pas atteindre des civils dans la bande de Gaza, une zone à forte densité de population dans laquelle le Hamas utilise, selon elle, les habitants comme boucliers humains.

Un peu plus tôt, l’administration sortante du président George W. Bush s’est dite très inquiète devant la “crise” humanitaire en cours selon elle dans la bande de Gaza, mais en a imputé la faute au Hamas et a exprimé sa confiance dans les assurances de son allié israélien.

C’est une crise humanitaire, c’est une zone de guerre, et les zones de guerre sont très difficiles“, a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Scott Stanzel.

“Les responsables israéliens ont dit leurs inquiétudes. Nous avons exprimé nos profondes inquiétudes devant la mort d’innocents. Mais, encore une fois, c’est le Hamas qui, malheureusement, a causé cette situation”, a-t-il déclaré. Il a invoqué la décision du groupe radical palestinien de ne pas reconduire une trêve qui a expiré le 19 décembre et d’intensifier les tirs de roquettes sur Israël.            

Mais il y a de quoi être optimistes : Israël avertit les Gazaouis d’une “escalade” dans son offensive

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Des tracts largués par l’aviation israélienne sur le nord de la bande de Gaza (Reuters)

L’aviation israélienne a largué samedi 10 janvier des tracts sur la bande de Gaza, avertissant la population d’une “escalade” dans son offensive engagée depuis deux semaines contre le Hamas.

Tsahal a affirmé avoir lancé des tracts sur l’ensemble du territoire côtier palestinien, qualifiant cette opération d’”avertissement général”.
Le texte destiné aux Gazaouis précise qu’Israël s’apprête à lancer une “nouvelle phase dans la guerre contre la terreur“. Il ajoute que l’État hébreu envisage une “escalade” dans son offensive qui a déjà fait plus de 800 morts côté palestinien. De source palestinienne, on assure que la moitié de ces victimes sont civiles.

L’armée “va bientôt intensifier ses opérations contre les tunnels, les dépôts d’armes, et les terroristes dans toute la bande de Gaza”, a affirmé l’armée dans les tracts en arabe. “Pour votre sécurité et celle de votre famille, il vous est demandé de ne pas vous approcher des terroristes, des dépôts et des armes”, ajoute le communiqué. Le même message a été envoyé par texto sur les téléphones portables d’habitants de Gaza. (avec AP) 
             

Franchement, “”nouvelle phase dans la guerre contre la terreur” : s’il n’y avait pas 800 morts, on pourrait en rire, non, de cette phrase d’ultime manipulation des opinions ?

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Merci à Chapatte - Visitez son site ! et à Deven

Un très bel édito de l’espagnol Juan Goytisolo. Il est l’auteur d’une quarantaine de romans, essais et récits autobiographiques, traduits en français pour la plupart. Né en 1931 à Barcelone, il quitte l’Espagne en 1956, pour s’installer d’abord à Paris, puis à Marrakech. 

20091 Mes rêves pour 2009 J’ai rêvé que, dans une opération fulgurante d’Interpol, on procédait à l’arrestation de tous les pères Noël postés devant les grands magasins du monde entier, en tant que suspects de génocide et de nettoyage ethnique, comme le Serbe de Bosnie Karadzic, actuellement bouclé dans sa confortable prison néerlandaise.

Que la communauté internationale inscrivait sur sa liste des terroristes les plus recherchés de la planète les croupiers des casinos et les joueurs de bonneteau de Wall Street pour avoir causé un effondrement aux effets plus épouvantables que l’écroulement spectaculaire des tours jumelles.

Qu’à la fin de son mandat, l’actuel locataire de la ­Maison-Blanche annonçait son enrôlement volontaire comme simple soldat pour ­servir la patrie en Irak.

Qu’une puissante holding irakienne inondait le marché de millions de chaussures, chaussons, babouches et tongs en vue d’un grand concours international de tir sur cible.

Que Bush et Ben Laden s’échangeaient régulièrement par des voies mystérieuses la transcription de leurs écoutes du verbe divin, comme le prouvaient les documents en possession de la CIA ayant fuité dans la presse.

Que les djihadistes prompts à sacrifier leur vie et celle des autres affluaient en masse chez les coiffeurs pour se faire raser et poser tout fiers pour des publicités L’Oréal.

Que les faucons du Pentagone se recyclaient dans la musique et entraient en scène avec une nouvelle version de la célèbre chanson Guantanamera.

Qu’au programme des masters de gestion figuraient des cours d’ingénierie financière et de création de structures pyramidales dispensés par des disciples de Bernard Madoff et autres magnats futés.

Que, décidé à suivre la voie du Christ et non celle d’Armani, Sa Sainteté Benoît renonçait aux mitres, carrosses, palliums et autres ornements et allait se promener place Saint-Pierre couvert d’un sac reprisé et chaussé d’humbles sandales, au risque de se faire arrêter par les hallebardiers de sa propre garde.

Que Leurs Majestés d’ici, de là et d’ailleurs recevaient, à l’occasion de la nouvelle année, une délégation choisie de sniffeurs, mendiants et clochards des rues de la capitale et les décoraient de cravates Prada ou Dolce & Gabbana.

Que le fruit de l’idylle démentie entre l’ex-chef du gouvernement espagnol José María Aznar et la ministre Rachida Dati serait la prochaine réincarnation du dalaï-lama.

Que les Cours suprêmes de Californie et d’autres Etats américains et européens refusaient pour des raisons éthiques la légalisation du mariage entre personnes de sexe opposé.

Qu’était célébrée au Vatican la première grand-messe gay en présence de tous les prélats qui venaient de faire leur coming-out.

Que les coupables de violences machistes couraient à poil sur la Gran Vía [grande artère de Madrid] tandis que des groupes de féministes en liesse leur chauffaient les fesses avec des branches épineuses et des tiges d’ortie.

Que les saintes femmes d’Afghanistan enlevaient leurs burqas et les faisaient endosser aux talibans et aux chefs tribaux afin de préserver leur pudeur virile et s’éviter à elles-mêmes les tentations de la chair.

Que, pour des raisons hu­manitaires et répondant aux pressions de la communauté internationale, on suspendait la traditionnelle lapidation des hommes adultères ordonnée par les Conseils des anciennes et des sages de la région qui s’étend de la péninsule Arabique à l’Inde et au Pakistan.

Que, grâce à l’intervention de la Vierge noire de ­Montserrat, les Africains rattrapaient tout d’un coup le niveau de vie de l’Europe et des Etats-Unis.

Que les sauveurs de patrie et dictateurs à vie de l’univers entier démissionnaient pour commettre des vers.

Que les dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas laissaient vivre en paix les pauvres Israéliens soumis quotidiennement à d’humiliants contrôles, bouclés derrière des murs et des barbelés et pilonnés par leur aviation et leur artillerie.

Que les croisières de luxe en Méditerranée prévoyaient une escale à Gaza pour jouer au golf et en faisaient, grâce aux splendeurs de ses ruines toutes fraîches, la destination favorite des beautiful people.

Que, que, que…

Je laisse au lecteur le soin de poursuivre lui-même ce rêve sans fin. 
 
Juan Goytisolo
El País (traduction Courrier International

2009-kontouris-300x201 Mes rêves pour 2009

Merci à kontouris

Je vous signale un excellent numéro de Courrier international, du 18 décembre 2008, sur la disparition des civilisations (consultable en ligne pour les abonnés).

Un article sur les Mayas - L’éternité ne dure qu’un temps…

i92621couv946 Ces civilisations qui disparaissent...[...] Peu après son apogée, vers l’an 800 de notre ère, la civilisation maya, la plus avancée de toute l’Amérique à son époque, est entrée en décadence. Des royaumes se sont effondrés, des monuments ont été saccagés, les grandes cités de pierre ont été abandonnées.  L’énigme de son effondrement passionne depuis longtemps les spécialistes. Les événements récents éclairent les travaux sur les Mayas d’une lumière trouble, suscitant de l’anxiété et un mauvais pressentiment. Et si nous devions connaître le même sort que les Mayas ? Si le réchauffement de la planète et la crise financière mondiale étaient les signes avant-coureurs du désastre ? Des gens très sérieux n’hésitent plus à poser ce genre de question.

Nul n’affirme que la végétation va envahir Wall Street ou que des singes hurleurs vont pourchasser des banquiers à costumes rayés dans Manhattan. Les rois mayas qui étaient jugés incapables étaient rituellement torturés et sacrifiés, le pénis transpercé par un dard de raie pastenague. A notre époque, la seule chose sacrifiée, ce sont les primes. Il existe cependant des parallèles frappants entre la chute des Mayas et les convulsions actuelles. “On se croit très différents”, commente l’Américain Jared Diamond, biologiste de l’évolution et auteur du best-seller Effondrement – Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (Gallimard, 2006). “En fait, toutes ces puissantes sociétés du passé se sont crues elles aussi uniques, jusqu’au jour de leur effondrement.” Les Mayas, comme nous, étaient au sommet de leur puissance quand leur civilisation a commencé à se déliter, juge-t-il. A l’heure où les marchés vont droit vers l’inconnu et où la calotte glaciaire continue de fondre, les universitaires et les analystes sont de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alarme.

Qu’est-il donc arrivé aux Mayas ? Selon la thèse de Diamond, les anciens Mayas ont été victimes de leur succès. La population s’est développée, puisant dans les ressources jusqu’au point de rupture. Les élites politiques ne sont pas parvenues à résoudre des problèmes économiques devenus de plus en plus graves et le système s’est effondré. Il n’a pas fallu de cataclysme ni d’épidémie. Ce qui est venu à bout des Mayas, c’est une lente dégradation de l’environnement que leurs dirigeants n’ont pas vue venir à temps. [...]

Certains anthropologues n’aiment guère les rapprochements entre les sociétés anciennes et modernes, car ils estiment que c’est sortir du cadre scientifique. Webster n’est pas de cet avis. “Nous avons en commun avec les Mayas de ne pas percevoir de manière très rationnelle la manière dont le monde fonctionne. Ils avaient leurs rituels et leurs sacrifices – de la magie, en somme. Or nous aussi, nous croyons à la magie : nous sommes convaincus que l’argent et l’innovation nous permettront de franchir les limites inhérentes à notre système, comme si les vieilles règles ne s’appliquaient pas à nous.”

Si les courtiers et leur charabia sur la titrisation et les produits dérivés ressemblent furieusement aux prêtres mayas et à leurs incantations dans les temples, alors Bush et Brown sont ces rois malavisés qui les encourageaient au lieu de mettre en doute leur “magie”. Du temps où il était chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown applaudissait aux tours de passe-passe. “Budget après budget, je veux que nous encouragions de plus en plus les preneurs de risques”, déclarait-il en 2004. [...]

Plusieurs commentateurs font valoir que la crise financière n’est qu’une bourrasque par rapport à l’ouragan écologique qui se prépare. Une étude européenne estime que la déforestation nous fait à elle seule perdre chaque année un capital naturel d’une valeur située entre 2 et 5 milliards de dollars. Si tel est le cas, les Mayas offrent un aperçu sinistre de ce qui nous attend. “Leur population croissait à un rythme fou, un peu comme si l’on conduisait une voiture de plus en plus vite jusqu’à ce que le moteur explose”, explique Webster, l’anthropologue. “Regardez-nous. J’ai 65 ans. Quand je suis né, il y avait 2 milliards d’individus sur cette planète, maintenant nous approchons des 7 milliards. C’est extraordinaire.” Les contraintes sur des ressources limitées finiront par déborder nos capacités technologiques. “La suffisance occidentale consiste à imaginer que nous pouvons tout avoir – et nous appelons ça le progrès, poursuit Webster. Je suis content de ne pas avoir trente ans de moins. Je ne veux pas voir ce qui va arriver dans quarante ou cinquante ans.” [...]

Est-ce que ce sera suffisant ? Les civilisations grandissent – et s’effondrent – pour de nombreuses raisons. S’il y avait une leçon simple à tirer de ces ruines d’Amérique centrale, c’est qu’il faut défendre l’environnement et maîtriser la croissance démographique. C’est ce qu’affirme Michael Coe, auteur en 1966 d’un texte qui a fait école, The Mayas. “Aucune civilisation n’est éternelle, rappelle-t-il. La plupart durent entre 200 et 600 ans.” Les Mayas, les Romains et les Khmers d’Angkor ont duré six siècles. Et nous ? La civilisation occidentale a commencé avec la Renaissance, donc on arrive à 600 ans, assure Coe. La différence, c’est que nous avons le choix entre laisser la situation se détériorer et trouver des solutions. La science nous donne ce choix. Mais il faudra de la volonté de la part des gouvernants comme de la part des citoyens.” Coe, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’effondrement des civilisations, s’interrompt, puis reprend : A vrai dire, je ne sais pas si nous avons une telle volonté.”  (à lire en intégralité sur le site de Courrier International“)
 

Un second article : Disparition à l’horizon ?

L’apocalypse. La fin de la civilisation. La littérature et le cinéma regorgent de récits de fléaux, de famines et de guerres qui ravagent la planète pour ne laisser que quelques rescapés qui survivent tant bien que mal en menant une existence primitive sur les ruines de l’ancien monde. Dans l’histoire, aucune civilisation n’a échappé à la disparition. Pourquoi en serait-il autrement pour la nôtre ? Les scénarios d’apocalypse reposent le plus souvent sur une catastrophe décisive : gigantesque astéroïde qui menace la Terre, guerre nucléaire ou encore pandémie. Pourtant, il est une autre éventualité tout aussi glaçante : et si c’était la nature même de la civilisation qui la condamnait, la nôtre comme toutes les autres, à péricliter tôt ou tard ?

Ils sont quelques scientifiques à l’affirmer depuis des années. Fait inquiétant, des découvertes récentes dans divers domaines, notamment dans celui de la complexité, semblent leur donner raison. Apparemment, au-delà d’un certain niveau de complexité, une société commence à se fragiliser, tant et si bien qu’il suffit d’une perturbation relativement minime pour provoquer un effondrement total. Nous aurions déjà atteint ce point, estiment certains spécialistes, et il est grand temps de réfléchir à la façon dont nous allons gérer la décadence. A l’inverse, d’autres assurent qu’il n’est pas encore trop tard, mais que nous pouvons – devons – agir sans tarder pour éviter le désastre. [...]

Mais Homer-Dixon doute que nous puissions totalement éviter la décadence. Des tensions “tectoniques”, estime-t-il, feront sortir notre système rigide et très interdépendant de l’éventail de conditions bien précises auquel il est de plus en plus finement accordé. Il peut s’agir de croissance démographique, du creusement du fossé entre riches et pauvres, d’instabilité financière, de prolifération des armes, de disparition des forêts et des ressources halieutiques ou encore du changement climatique. Et, si nous imposons de nouvelles solutions complexes [à ces tensions], nous retomberons sur le problème du rendement décroissant – au moment même où se profile la fin de l’énergie abondante et bon marché. [...]

Les enjeux sont énormes. Dans l’histoire, tous les déclins de civilisations se sont traduits par un fort recul démographique. “La population à son niveau actuel repose sur les carburants fossiles et l’agriculture industrielle, remarque Joseph Tainter. La disparition de ces deux facteurs entraînera une chute de la population mondiale dans des proportions effroyables.” Si la civilisation industrielle entre vraiment en décadence, ce sont les citadins, soit la moitié des habitants de la planète, qui seront les plus vulnérables. Et nous pourrions perdre ainsi l’essentiel de notre savoir si durement gagné. “Ceux qui ont le moins à perdre sont les paysans pratiquant l’agriculture de subsistance”, précise Yaneer Bar-Yam ; ceux qui survivront pourraient même voir leurs conditions de vie s’améliorer. Un mal pour un bien ? (à lire en intégralité sur le site de Courrier International“)

 

Et un dernier sur les épidémies : On se tient tous par la barbichette…  

Depuis des années, on nous prédit une pandémie. De grippe ou d’autre chose. Nous savons que des quantités de gens vont mourir. Aussi terrible que puisse être une telle perspective sur une planète de plus en plus surpeuplée, on ne peut s’empêcher de se demander si, d’une manière ou d’une autre, les survivants ne s’en trouveraient pas mieux. Ne serait-il pas plus facile de transformer la société moderne en quelque chose de plus viable si – Dieu nous préserve – nous étions un jour moins nombreux ?

Mais pourrait-on revenir à un semblant de vie normale après une pandémie dévastatrice ? Des virologues parlent parfois de leurs scénarios cauchemardesques – une épidémie d’Ebola ou de variole – comme de “la fin d’une civilisation”. [...]

Une idée très répandue veut que la société ait atteint une dimension, une complexité et un niveau d’innovation qui la mettent à l’abri de l’effondrement. “C’est un argument si enraciné dans notre inconscient et dans le discours public qu’il a pris le statut de réalité objective. Nous nous croyons différents”, écrit Jared Diamond, biologiste et géographe à l’université de Californie à Los Angeles, dans Collapse, un livre publié en 2005 [édité par Gallimard en 2006 sous le titre Effondrement]. Un nombre croissant de chercheurs suggère cependant que, loin d’être plus résistante, notre société est de plus en plus vulnérable. Si une grave pandémie éclatait, la maladie pourrait n’être que le début de nos problèmes. Aucune étude scientifique – du moins parmi celles qui ont été publiées – n’a cherché à savoir si une pandémie à forte mortalité pourrait entraîner l’effondrement de la société. La grande majorité des plans de lutte contre les phénomènes pandémiques ne prend pas en compte le fait que des systèmes fondamentaux pourraient s’écrouler.  [...]

Bien entendu, il y a déjà eu de nombreuses pandémies. En 1348, la Peste noire a décimé un tiers de la population de l’Europe. Son impact a été énorme, mais la civilisation européenne ne s’est pas effondrée pour autant. Au XIVe siècle, l’Europe fonctionnait selon une hiérarchie féodale dans laquelle plus de 80 % de la population était paysanne. Chaque mort représentait un producteur mais aussi un consommateur de moins, si bien que les conséquences n’ont pas été dramatiques. “Dans une hiérarchie, aucun membre n’est crucial au point de ne pas pouvoir être facilement remplacé”, observe Yaneer Bar-Yam, directeur de l’Institut des systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre à Cambridge, dans le Massachusetts. “Les monarques mouraient, mais la vie continuait.”

Dans une structure aussi intriquée que la nôtre, cependant, M. Bar-Yam pense que la perte de personnages clés pourrait être décisive. “Dans un système très complexe, la perte inconsidérée d’éléments est très dangereuse, dit-il. L’un des résultats fondamentaux de la recherche est que, dans des systèmes d’une grande complexité, les individus ont de l’importance.” La même conclusion s’est dégagée d’une source totalement différente : des simulations dans lesquelles des décideurs politiques et économiques imaginent ce qui se produirait si une pandémie de grippe éclatait. “L’un des grands moments est toujours celui où les dirigeants d’entreprise se rendent compte à quel point ils ont besoin de personnages clés”, souligne Paula Scalingi, qui effectue des simulations de pandémie pour la région économique du Nord-Ouest du Pacifique, aux Etats-Unis. “Les gens constituent l’infrastructure essentielle.” [...]

Si une épidémie s’installe, certains pays seront peut-être tentés de fermer leurs frontières. Mais imposer une quarantaine n’est plus désormais une solution. “Aujourd’hui, aucune nation n’est autosuffisante pour quoi que ce soit”, remarque John Lay, responsable de la préparation aux situations d’urgence chez ExxonMobil. [...]

Aussi l’ultime question est-elle : si une foule d’individus mouraient et si de nombreux équilibres étaient menacés, serions-nous capables de remettre le système en état de fonctionner ? “Cela dépendrait en grande partie de l’importance du déclin de la population”, estime l’anthropologue et historien Joseph Tainter, de l’université de l’Utah. “L’éventail des possibilités va d’un effet mineur à une récession modérée ou une crise majeure, et se termine sur un effondrement.” (à lire en intégralité sur le site de Courrier International“) 

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Evoquer la disparition des civilisations ne peut se faire sans référence à l’essai fondamental de Jared Diamond, Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (Gallimard, “NRF Essais”, 2006) 

Le livre est une étude comparée de la disparition de certaines civilisations telles celles des Mayas ou des Vikings du Groenland, mais aussi de l’adaptation d’autres qui ont su évoluer et survivre, notamment celle du Japon de l’ère Tokugawa. Pour Diamond, biologiste et géographe, le poids de l’environnement ne saurait à lui seul tout expliquer, même s’il est essentiel. Le chercheur recense cinq facteurs influant sur la disparition – ou la survie – d’une civilisation : un environnement altéré ; une modification du climat ; des conflits avec les populations voisines ; une dépendance liée aux échanges commerciaux ; et, enfin, facteur clé, le type de réponses apportées par une société, selon ses croyances et ses valeurs, aux problèmes qui se présentent à elle.

Changeons un peu de sujets… Un mot sur la théorie des 6 degrés de séparation

six degres de separation Cette théorie a été établie par le hongrois Frigyes Karinthy en 1929 qui évoque la possibilité que toute personne sur le globe puisse être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres maillons.

Cette théorie est reprise en 1967 par Stanley Milgram à travers l’étude du “phénomène du petit monde” (”it’s a small world”) ; il nous explique qu’il est très facile de prendre contact avec la personnalité de votre choix, même si elle paraît inaccessible (aujourd’hui, on dirait Bill Gates ou Brad Pitt…). Il suffirait pour cela de moins de 6 intermédiaires au maximum, une version numérique du proverbe “les amis de mes amis sont mes amis”, en quelque sorte !

Plus mathématiquement, si chaque personne a 10 amis, on en atteint donc 100 avec 2 maillons, 1 000 avec 3, etc. Si plus probablement, on prend l’hypothèse de 50 amis, on arrive au 6e échelon à 15 milliards d’individus possibles - si on a u ne hypothèse de départ à 100 personnes dans son réseau de connaissance, on serait à 1 000 milliards de possibilités (et on ne serait alors qu’à 5 degrés de séparation)

Cette unité de « mesure sociale » a été reprise dans une pièce de John Guare en 1990 puis adaptée à l’écran en 1993 dans un film de Fred Schepisi, Six degrees.

La théorie des « Six Degrés » vient à nouveau d’être confirmée, et cette fois, à grande échelle. En effet, depuis juin 2006, Éric Horvitz et Jure Leskovec, deux chercheurs de Microsoft, ont analysé près de 30 milliards de conversations électroniques sur un panel de 180 millions d’utilisateurs de Live Messenger - soit près de la moitié du trafic global des messageries instantanées (merci Big Brother, au passage…). L’étude révèle qu’il faut en moyenne créer des liens avec 6,6 contacts avant de pouvoir parler à une personne particulière qui ne figure pas sur sa liste de contacts. Dans 78% des cas, 7 contacts intermédiaires sont nécessaires.

Interrogé par le Washington Post, Horvitz a déclaré : « J’ai trouvé ça très surprenant. Il semblerait qu’il y ait une connectivité sociale constante pour l’humanité. Si les gens ont toujours eu l’impression d’être proches, nous avons montré à grande échelle que cette idée était bien plus qu’un mythe urbain ».

Je signale enfin qu’il existe une intéressante application Facebook, du même nom, qui permet d’illustrer le phénomène de façon parfois très surprenante…

Toujours dans la lignée des posts précédents, un édito de l’excellent et indispensable Canard Enchainé du 8 janvier 2009 sur notre Président® :

canard Organiser lamnésieC’EST un des vieux trucs de Sarkozy. Il l’a même théorisé : « Agir ne suffit pas. Il faut agir très vite. » Cette bougeotte n’est pas qu’une simple question de tempérament : c’est une stratégie politique. Non seulement l’agité s’agite pour donner l’impression d’agir, mais il s’agite surtout pour qu’on oublie ses précédentes vaines agitations. Pour organiser l’amnésie.

Et en 2009 il va devoir se surpasser. Préparons-nous donc. Exerçons juste un peu notre mémoire.

Commençons par un exemple récent : les voitures incendiées. Plus de 1 000 au dernier réveillon. Et souvenons-nous que la sécurité, c’était normalement son fort. Il l’avait décrété voilà déjà longtemps, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur : « C’est désormais, pour les violences urbaines comme pour la délinquance générale, la tolérance zéro » (30/10/05). Tu parles.

Continuons par le krach : non seulement not’ président n’a rien vu venir, mais encore il croyait dur comme fer aux crédits hypothécaires, donc aux subprimes, cette escroquerie généralisée qui a fait capoter le système financier mondial. À l’inverse de Chirac, qui avait refusé de les importer en France, le candidat Sarkozy y tenait dur comme fer, et nous promettait des merveilles : « Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages » (4/07). Aujourd’hui, tout le monde s’en félicite, si la France résiste mieux que d’autres pays, c’est justement parce que les Français sont peu endettés…

L’allégement des impôts : en avril 2007, il promet de « réduire de quatre points les prélèvements obligatoires en France », « ce qui revient à rendre 68 milliards d’euros aux Français ». Poilade ! Depuis, comme l’a montré « Le Canard »(3/9/08), il a créé un impôt nouveau par mois.

La défense en trémolos du travailleur : « Il faut cesser de faire du travailleur la seule variable d’ajustement de l’économie. Je veux être le président de la réhabilitation des travailleurs et de la hausse du pouvoir d’achat » (7/2/07). Jamais on n’a vu autant de plans sociaux. Quant au pouvoir d’achat…

Le plein-emploi : « Vous en avez assez qu’on vous dise “Le plein-emploi, ce n’est pas possible ! “. Eh bien si, c’est possible !» (27/2/07). La preuve : le nombre de chômeurs vient de repasser au-dessus des 2 millions.

L’auto-augmentation : « Vous en avez assez de tous ces gens qui veulent toujours vous imposer des sacrifices qu’ils ne sont pas capables de s’imposer à eux-mêmes » (27/04). Lui-même s’augmente de 172 %.

L’école : « Comme Jules Ferry fit l’école de la République avec les hussards noirs, nous referons l’école du XXI’ siècle avec les enseignants » (2/2/07). Et de supprimer 13 500 postes de prof à chaque rentrée scolaire.

2009 devrait être un bon cru…

Jean-Luc Porquet

Dans cet ordre d’idées, on regardera en souriant la parodie utilisée pour les voeux du parti communiste…

Comme les suisses ont des journalistes, un article fort intéressant du Temps

Les doutes grandissent sur la frénésie de réformes de Nicolas Sarkozy      

FRANCE. Le signe d’un volontarisme intact ou une fuite en avant destinée à masquer la fin de la «rupture»? Interrogations.

Et une réforme de plus, une! Vendredi, Nicolas Sarkozy a détaillé son projet de réorganisation des hôpitaux publics. La veille, il avait dû rassurer les psychiatres, déstabilisés par ses plans concernant la prise en charge des malades mentaux. Mercredi, il dévoilait une réforme de la procédure pénale, qui remplacerait le juge d’instruction par un «juge de l’instruction», chargé de superviser les enquêtes au lieu de les mener lui-même.

Passé les six mois frénétiques de sa présidence européenne, le chef de l’Etat a retrouvé le rythme des débuts: une annonce par jour, dans les domaines les plus divers et parfois improbables. On attend déjà la réforme du permis de conduire (mardi prochain), un mini-remaniement du gouvernement (peut-être mercredi) et des mesures pour restructurer la presse écrite (bientôt).

La stratégie est connue : il faut occuper le terrain, ne pas laisser l’opposition souffler, dicter en permanence son agenda. Sauf que, cette fois, la technique semble atteindre ses limites. Les médias français, dans l’une de ces analyses politico-psychologiques qu’ils affectionnent, se demandent si le président ne s’est pas lancé dans une fuite en avant, destinée à masquer le manque d’ambition et de direction des réformes.

Signe qui ne trompe pas: son vieil ennemi, Dominique de Villepin, est sorti de son silence hier pour pilonner la «dispersion» de Nicolas Sarkozy. «L’hyperactivité n’est pas suffisante, a déclaré l’ancien premier ministre. Il faut donc un président capable de hiérarchiser les problèmes et de se consacrer à l’essentiel. Faire des images, c’est une chose, mais je crois qu’on a besoin de temps en temps de se recaler à la réalité.»

D’autres observateurs ont noté que Nicolas Sarkozy a dû reculer sur plusieurs dossiers : l’assouplissement du travail le dimanche (repoussé) ou la suppression de postes de professeurs (limitée). Quant à la «rupture», thème préféré du début de mandat, elle s’est faite rare dans ses discours.

Officiellement, bien sûr, le président ne lâche rien. «La rupture, c’est la réforme, et la réforme, c’est la rupture», explique son porte-parole Franck Louvrier. Cette semaine, Nicolas Sarkozy a même revendiqué le terme d’«omniprésident» dont l’a affublé la presse: «Je préfère qu’on dise ça de moi plutôt que roi fainéant», a-t-il expliqué devant les parlementaires de son parti. Mais son intervention n’a guère impressionné l’assistance: «C’était très convenu», estime un proche d’un dirigeant de la majorité.

Le coup de mou de début d’année est un peu une habitude chez Nicolas Sarkozy. L’an dernier, une conférence de presse ratée, centrée sur le nébuleux concept de «politique de civilisation», avait précipité sa chute dans les sondages.

Aujourd’hui, la popularité du président est à nouveau en hausse. Mais la critique sur sa méthode n’a rien perdu de son acuité: «Le problème n’est pas de faire beaucoup de réformes et de les faire vite, mais de les faire avec intensité et résultat, estime Hervé Mariton, un député qui fait figure de dissident au sein de la majorité. Un certain nombre d’entre nous le disent depuis le début du mandat, mais ça s’est aggravé et nous sommes plus nombreux à le penser.»

La crise financière est une autre source d’inquiétude. Nicolas Sarkozy a remporté la présidentielle de 2007 avec un programme d’inspiration essentiellement libérale. Aujourd’hui, il professe un «retour de l’Etat» qui fait grincer des dents une partie de la droite. Elle craint de voir réapparaître un vieux travers français: le président promet de réformer drastiquement les politiques publiques, avant d’y renoncer et de multiplier les dépenses destinées à acheter la paix sociale, ce qui creuse les déficits et la dette.

Dans le jargon politique, cela s’appelle la «chiraquisation». C’est la menace qui plane désormais sur la suite du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 Sylvain Besson, Paris
Samedi 10 janvier 2009

 Bien analysé, non ?

Source NouvelObs.com

Nicolas Sarkozy a estimé vendredi 9 janvier à Strasbourg que l’hôpital ne souffrait pas d’un problème de moyens, comme l’affirment de nombreux syndicats, et rappelé que le budget de l’assurance maladie consacré à l’hôpital avait augmenté de 50% entre 1998 et 2008.

“Comme toujours en France, on ne regarde pas à l’intérieur du moteur ce qui se passe, on dit ‘il faut plus’”, a déploré le chef de l’État en présentant ses vœux aux personnels de santé, et alors que 200 manifestants l’avaient accueilli sur place. “Entre 1998 et 2008, j’ai pris cette période parce qu’il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l’assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C’est 23 milliards d’euros de plus pour l’hôpital au cours des dix dernières années (…) je livre ce chiffre à votre réflexion”, a-t-il poursuivi.

“Le défi de l’hôpital d’aujourd’hui, c’est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l’hôpital doit être mieux organisé”, a ajouté Nicolas Sarkozy, se prononçant pour “une meilleure coopération entre les établissements entre eux et la médecine de ville”.

Après les récents décès survenus dans plusieurs établissements, le président a tenu à indiquer aux personnels qu’il les soutiendrait “en toutes circonstances”, estimant que le système hospitalier français était “l’un des meilleurs du monde”. Il a d’ailleurs qualifié d’”exceptionnels” ces décès, assurant qu’ils “ne sauraient remettre en cause la confiance” dans le système hospitalier. “Les drames récents sont exceptionnels et ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l’hôpital et à ses personnels”, a-t-il affirmé. “L’hôpital est une institution trop importante pour les Français, pour qu’il soit le lieu de polémiques parfaitement déplacées”, a-t-il encore affirmé.

L’Association des médecins urgentistes de France s’est déclarée, samedi 10 janvier, “atterrée par le discours”, la veille à Strasbourg, du président de la République sur l’hôpital public. Le gouvernement n’a de cesse de rétorquer que l’hôpital a assez de moyens, mais trop mal utilisés. L’AMUF considère que “l’argument de la nécessité d’une réorganisation ne tient pas”, car selon elle, “la précédente réforme, dite Hôpital 2007, était une réforme organisationnelle” mais “est un lamentable échec”.

“Une telle négation de la réalité des faits est inacceptable. La méthode Coué face à une crise de cette ampleur est une grave faute politique”, poursuite le communiqué. Indignée, l’AMUF estime que ses alertes sur le manque de moyens des hôpitaux “ont été méprisées et balayées d’un revers de main par les gens qui sont censés nous gouverner (…) Ils n’ont rien fait et l’hôpital est en situation de rupture”. “Comment accepter cet aveuglement, identique à celui du gouvernement de 2003 qui, en pleine catastrophe, niait les morts liés à la canicule ?”. Lors de l’inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, Nicolas Sarkozy a formellement exclu de débloquer de nouveaux fonds pour l’hôpital public.                           

Mais il s’arrête des fois Sarko ? À suivre dans le prochain post..