Un article édifiant issu du blog de Maitre Eolas - issu du hournal officiel, dont la lecture peut être très instructive…

Pourquoi appelle-t-on la police aux frontières la PAF ?

paf1 PAF la policeLe 15 mars 2006, alors qu’il se trouve dans le hall 2 de l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour prendre un avion à destination de Paris, précisément à 7 h 17, heure affichée à cet instant par l’horloge, l’attention de M. P.D. est appelée par « des cris intenses exprimant une douleur profonde ».

Contournant l’escalier pour observer la scène, il constate la présence d’un « homme à terre, immobile, (…) en souffrance, (…) qui n’oppose aucune résistance ». Dans le même laps de temps, il voit « un policier (…) donner des coups de pied espacés à l’homme au sol », coups qui l’atteignent à l’abdomen. Selon lui, « l’individu ne se défend pas (…). Entravé les mains dans le dos, il n’a pas la possibilité de se protéger ». La scène dure trois minutes, jusqu’à ce qu’un attroupement se forme et que les policiers cessent de frapper. Indigné de voir des agents publics se comporter de cette manière, il en informe le parlementaire susdésigné pour lui permettre de saisir la commission.

Et que croyez-vous qu’il arriva ?

Lisez donc ici la suite donnée à cette affaire…

john-thain Rapacité sans limite...Connaissez-vous John Thain ?

Non ? Vous manquez quelque chose…

C’est l’ancien PDG de Merril Lynch, la banque en déroute qui a été rachetée par Bank Of America en décembre 2008.

Au vu des pertes, il a finalement été remercié en janvier 2009. À lire sur Nouvel Obs.com

L’intérêt ? Et bien deux choses.

Un, un joli scandale quand on a appris qu’il avait dépensé la modeste somme de 1 220 000 $ pour refaire et décorer son bureau début 2008 :

$1.22 million to revamp office

Voici une liste de son mobilier :

  • un Tapis persan : 87 784 $
  • un guéridon en acajou : 25 713 $
  • un buffet du 19e siècle : 68 179 $
  • un lustre suspendu : 19 751 $
  • 4 Paires de Rideaux : 28,091 $
  • une paire de fauteuils pour invités : 87 784 $
  • une chaise George IV : 18 468 $
  • 6 Applique Murales : $2,741
  • une Corbeille à papier : 1 405 $
  • du Tissu pour store vénitien : 10 967 $
  • des Stores vénitiens : 7 315 $
  • une Table à café : 5 852 $
  • une Commode sur pieds : 35 115 $

Un homme de goût… Il devrait finalement tout rembourser. CNBC a créé un excellent diaporama “Éclatez-vous comme John Thain, pour moins cher”

Mais le temps que j’écrive ce post, on en a appris plus…

Deux :

700 employés de Merrill Lynch ont touché plus de 1 million de dollars fin 2008, juste avant l’absorption de la banque d’affaires américaine par Bank of America. C’est ce qu’a révélé, mercredi 11 février, le ministre de la Justice de l’État de New York, dans le cadre du scandale des bonus qui agite actuellement la banque.

Dans une lettre ouverte au président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, Andrew Cuomo a dénoncé la manoeuvre de la direction de Merrill Lynch consistant à verser “prématurément et secrètement” un total de 3,6 milliards de dollars de primes en décembre, au lieu d’attendre janvier ou février.

Des versements qui ont déjà valu une citation à comparaître à l’ancien P-DG John Thain, limogé sans ménagement par son nouveau patron Kenneth Lewis le mois dernier.

La direction de la banque au taureau, qui a cumulé 27 milliards de dollars de pertes en 2008, avait indiqué le 8 décembre que John Thain et quatre autres dirigeants avaient renoncé à toucher une prime pour 2008, alors que des informations lui avaient prêté l’intention de réclamer 10 millions de dollars. Andrew Cuomo révèle cependant que quatre responsables de Merrill Lynch, qu’il ne nomme pas, se sont partagé 121 millions de dollars de primes, et que 14 personnes ont touché 10 millions de dollars ou plus (représentant 250 millions de dollars au total).

A lire sur Challenge.fr

Sérieusement, on a peine à le croire…

Même fortune n’en peut plus, comme on peut le lire sur le blog d’Orange Pressé

A suivre, John ?

robin Rapacité sans limite...
Merci à Man - Visitez son site !

Dans la lignée des clips précédents, voici les nouveaux- j’adore !

 et 

et

Jean Claude Werrebrouck est professeur d’économie à l’université de Lille 2. Il livre ses reflexions sur la crise globale sur Contreinfo puis sur son nouveau blog

La crise globale des années 2010
Jean Claude Werrebrouck reprend ici de façon accessible à un public non initié les thèmes qu’il a développés lors d’un récent séminaire. Dans cette première livraison, après avoir rappelé le caractère fort singulier d’un secteur d’activité où, contrairement à tous les autres, la hausse des prix déclenche la ruée des acheteurs et non une réduction de la demande, il insiste sur le potentiel intrinsèquement déstabilisateur de ces mécanismes de la finance qui justifieraient amplement qu’elle soit domestiquée, « mise en boîte, » pour l’empêcher de nuire. Pourtant, l’histoire récente a vu se développer le processus inverse. La boite a été largement ouverte, et le secteur financier, de dérégulation en déréglementation, a pu acquérir, relativement à l’économie réelle, une prépondérance inconnue jusqu’à présent. Alors que les profits de la finance ne représentaient que 14% du total réalisé par les entreprises américaines en 1960, ce chiffre atteignait 37% en 2007.

Lisez la suite sur Contre Info

Dans cette deuxième partie de son étude, l’économiste Jean Claude Werrebrouck analyse le deleveraging - ce cycle destructeur de désendettement et de liquidation qui entraîne les actifs dans une spirale déflationniste - puis il évalue les contre mesures qu’ont mises en place les autorités pour combattre et tenter de maîtriser ce processus, et s’interroge sur leurs chances de succès. La réussite ne peut être garantie, avertit-il, car les Etats sont « beaucoup plus faibles qu’en 1929, » comparativement au poids du secteur financier. Mais le problème n’est pas uniquement celui de la finance et de sa réglementation. Le couple étrange que forment la Chine et les USA, dont le déficit structurel est financé en partie par l’épargne chinoise, porte également une responsabilité dans l’ampleur exceptionnelle de cette crise. Jean Claude Werrebrouck estime qu’il faudra « revenir sur l’actuelle division internationale du travail, donc la tacite mondialisation sous sa présente forme. »

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Dans ce dernier volet, Jean Claude Werrebrouck analyse les scénarios possibles de sortie de crise, et le rôle qu’y tiendront banques centrales et Etats, qui doivent désormais poursuivre l’accompagnement du processus de deleveraging, assister l’apurement du secteur financier, tout en relançant des économies atones. Les « hélicoptères » des banques centrales vont donc continuer de tourner à plein régime, estime-t-il, permettant ainsi de consolider la finance et de prévenir le risque systémique. Les Etats devront quant à eux s’endetter lourdement pour financer les relances économiques - et éventuellement assumer les garanties qu’ils ont accordées au secteur bancaire. Mais les difficultés croissantes qu’ils ne vont pas manquer de rencontrer dans leurs tentatives d’émettre de la dette pourraient bientôt contraindre à la généralisation du financement par émission monétaire, les banques centrales jouant alors le rôle d’acheteurs de dernier ressort des bons du trésor grâce à de l’argent créé pour l’occasion, en une remise en cause totale des dogmes du monétarisme, A terme ce processus est bien sûr potentiellement hautement inflationniste. Faut-il pour autant s’en inquiéter ? Pas forcément estime M. Werrebrouck, qui considère que l’inflation représente une partie de la solution requise pour la sortie de crise. Elle permettrait en effet de limiter les tensions spéculatives, de diminuer l’endettement des Etats, et du même coup l’ardoise intergénérationnelle accumulée depuis trente ans, sans oublier une remise en cause du statut du dollar, la devise de la mondialisation. Restent évidemment de nombreuses inconnues, au premier rang desquelles le comportement de la zone euro. Les tensions actuelles et futures risquent en effet d’aggraver le processus d’eurodivergence. « Les différentiels de compétitivité et d’inflation entre les pays de la zone se sont accumulés déjà depuis de longues années et la crise va jeter de l’huile sur un feu qui risque de ne plus être maîtrisable, » s’inquiète-t-il.

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Crise des années 2010 : L’inflation, prémice d’une restructuration mondiale

L’issue inflationniste ne fait aucun doute pour l’économiste Jean Claude Werrebrouck, qui propose ici son analyse des lignes de forces à l’oeuvre dans le déploiement de cette crise. Le recours massif aux politiques monétaires non conventionnelles pour contrecarrer la déflation des actifs, rendu inévitable faute d’autre solution, porte en lui « l’inéluctabilité de l’inflation », juge-t-il. Cette poussée inflationniste à venir aura pour conséquence de profonds bouleversements, tant au plan interne qu’international. Elle provoquera d’une part une salutaire redistribution de richesse entre créanciers et débiteurs, remettra en cause l’impératif de déflation salariale pour cause de concurrence internationale. Mais elle déclenchera également une « tempête sur les monnaies » remettant à l’ordre du jour les dévaluations compétitives. Dans ce contexte, le manque de bases solides dont souffre la monnaie européenne, en l’absence d’une politique de convergence et de transferts entre Etats, va provoquer des tensions qui seront sans doute insupportables pour certains membres de la zone euro, n’ayant d’autre alternative que de pratiquer une désastreuse politique de déflation salariale ou de reprendre leur autonomie. Ces turbulences monétaires auront également pour conséquence un processus de « dé mondialisation », avec « l’avènement d’économies beaucoup plus auto-centrées que par le passé », et une diminution du rôle joué par le dollar. Mais cette restructuration mondiale au forceps ne signe pas pour autant un retour du politique sur le devant de la scène, avertit-il. Les dirigeants en sont pour le moment réduits à accompagner des forces qui les dépassent, et ce n’est qu’après « l’incendie inflationniste que les hommes pourront envisager de nouvelles solutions à la question du vivre ensemble. »

Lisez la suite sur Contre Info

Un article proprement incroyable de Noam Chomsky, sur la conflit à Gaza : Clair, percutant, incisif, et lucide, forcément lucide…

“Exterminez toutes les brutes” : Gaza 2009 par Noam Chomsky

 En guise d’introduction proposée par le traducteur.

La question Israélo-Palestinienne ne date pas de l’Holocauste, le double langage non plus :

En Palestine, nous n’avons pas l’intention de nous attarder à considérer les souhaits des habitants actuels de ce pays … Les Quatre Grandes Puissances se sont engagées envers le Sionisme. Et le Sionisme, juste ou pas, bon ou mauvais, se justifie par une longue tradition, dans les nécessités du présent et dans les espérances du futur ; il a une importance bien plus profonde que les désirs ou que les préjudices ressentis par les 700.000 Arabes qui habitent ce pays à l’heure actuelle … Malgré tout le respect que l’on pourrait accorder au point de vue des autochtones, les Puissances n’ont pas l’intention de les consulter. En bref, en ce qui concerne la Palestine, les puissances n’ont pris aucun engagement qui ne soit à l’évidence faux, ni n’ont fait aucune déclaration politique qu’ils n’aient l’intention de renier, au moins quant à la lettre.

Extrait du rapport King-Crane (août 1919), exprimant les positions publiques des Grandes Puissances à travers la Société des Nations, ancêtre de l’ONU.

Si ce principe doit s’appliquer et si les voeux de la population de la Palestine doivent décider de ce qui doit être fait de la Palestine, alors il y a lieu de rappeler que sa population non juive (pratiquement les 9/10 du total) s’oppose énergiquement à l’ensemble du programme sioniste … Soumettre un tel peuple à une immigration juive illimitée et à une pression financière constante pour qu’il vende la terre représenterait une violation grossière du principe ci-dessus et, quand bien même elle satisferait aux formes de la légalité, une violation du simple droit des gens.

Dans son adresse du 4 juillet 1918, le président Wilson a posé le principe suivant comme l’un des quatre objectifs majeurs pour lesquels combattent les peuples associés du monde. “Le règlement de toute question, qu’il s’agisse de territoire, de souveraineté, d’arrangement économique ou de relations politiques, [doit se faire] sur la base de la libre acceptation de ce règlement par les gens directement concernés et non sur la base de l’intérêt ou de l’avantage matériel de n’importe quelle autre nation ou n’importe quel autre peuple qui viendrait à désirer un règlement différent au nom de son influence ou de sa supériorité dans le monde”.

Au même moment ; extrait d’un mémorandum privé adressé par Lord Balfour au Cabinet Britannique (août 1919).

La suite, l’excellent article de Chomsky traduit en français ici 

Bonne lecture !

P.S. si vous n’en avez pas eu assez, un article un peu plus ancien : Les terroristes voulaient la fin du monde