Droit au logement (DAL) condamné à une amende de 12 000 euros pour avoir installé un campement de mal-logés

Source www.lemonde.fr

La condamnation de Droit au logement (DAL) à une amende de 12 000 € pour avoir installé un campement de mal-logés a suscité des réactions indignées. (NDR. Le procureur avait juste demandé la bagatelle de 39 000 € d’amende…). Le PCF estime que ce jugement est une “honte”, et SOS Racisme s’inquiète d’une amende qui pourrait “mettre en péril les activités” du DAL. “La situation est surréaliste, estime la sénatrice (Verts) Dominique Voynet. Le problème, ce n’est pas l’encombrement de la voie publique par les tentes du DAL, c’est l’absence de logements et les promesses jamais tenues.”

Le tribunal de police de Paris a condamné le DAL, lundi 24 novembre, à 12 000 euros d’amende pour avoir commis quatre infractions de quatrième catégorie en “embarrassant la voie publique en y laissant des objets” plus de 300 fois. Ce texte du code pénal, qui concerne d’ordinaire l’abandon de gravats et de détritus, vise cette fois l’installation de 319 tentes et le dépôt de sacs de couchage, de couvertures et de bâches en plastique. “Considérer aujourd’hui qu’une tente constitue un débarras sur la voie publique est une injure”, estime le porte-parole du DAL, Jean-Baptiste Eyraud.

Droit au logement qui, en dix-huit ans d’existence, a organisé des centaines de campements, était poursuivi pour la première fois. L’association, qui a décidé de faire appel, craint que cette amende menace son - fragile - équilibre financier. “Faute d’avoir découragé les mal-logés par la répression policière, l’Etat tente de couler financièrement l’association qui les a soutenus“, estime le DAL, qui a décidé de “faire appel à la solidarité”.

Le haut-commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a déclaré qu’il plaiderait pour que l’Etat renonce à l’amende. “Je fais partie de ce gouvernement, je ne peux pas le décider tout seul, mais c’est ma position et je la défendrai mordicus. On ne met pas à genoux ce genre d’associations en les condamnant à des amendes parce qu’elles ont fait ce type d’actions.” Sa collègue, Christine Boutin, ne paraît cependant pas choquée par cette condamnation. “Il ne faut pas faire de démagogie : s’il y avait eu l’année dernière un accident sur les femmes et les enfants sur le trottoir, les mêmes auraient poussé des hauts cris” (NDR : ben voyons, tous en prison, ça évitera les accidents - sauf les suicides. Ceci étant, je dis ça sans démagogie, hein…), a-t-elle affirmé.

Le tribunal de police de Paris a par ailleurs condamné Les Enfants de Don Quichotte à la confiscation de 198 tentes installées illégalement il y a près d’un an près de la Seine. En revanche, le tribunal n’a pas suivi la demande du procureur qui avait requis une amende 1 875 euros.

J’espère que la juge dort bien la nuit, au chaud… On en apprend plus sur elle sur Bakchich - un tel défenseur de l’ordre public mérite à mon sens une réelle publicité :

Dernier avatar - passé trop inaperçu - de cette décision de justice d’un tribunal de police : Michèle-Laure Rassat, la juge de proximité qui a frappé fort en condamnant le DAL à 12 000 euros d’amende, a un point commun de taille avec la ministre du logement Christine Boutin qu’elle connaît peut être depuis belle lurette : professeur de droit à la retraite, elle est proche des associations pro vie et pourfendeurs de l’IVG et feraille depuis 20 ans - sans succès - pour que soit reconnue l’existence juridique de l’embryon. Proche de la droite traditionnelle et sécuritaire, elle a entre 1995 et 2000 été chargée de plusieurs rapports et missions par Jacques Toubon alors garde des Sceaux puis Jean Tiberi sur le thème « Réflexions sur la création d’une police municipale à Paris ».

mlr CDG 26 : condamné à 12 000 € pour avoir sauvé des vies...
Promue chevalier de la légion d’honneur en 1995 puis officier en 2006, celle qui accepte qu’on la présente dans les colloques comme rien moins que (sic) « l’inventeur de l’idée d’indépendance du ministère public » en matière judiciaire s’en reconvertie en juge de proximité ; elle continue à ce titre à publier dans les revues spécialisées des analyses aussi remarquées que « Propreté canine : solutions juridiques envisageables en matière de déjections ». Encore un trouble à l’ordre public : après les sans-abris, les toutous !

Vive l’indépendance du ministère public en tous cas !

dal+3 CDG 26 : condamné à 12 000 € pour avoir sauvé des vies...Merci à Man
Rappelons le feuilleton de l’hébergement obligatoire des SDF l’hiver (sic ! On n’appelle pas ça emprisonnement normalement en français ?)
Le gouvernement a «le devoir et la responsabilité» de «ne pas laisser mourir» les SDF de froid. Pour répondre à cette injonction de Nicolas Sarkozy ce mercredi en Conseil des ministres, la ministre du Logement a annoncé le lancement d’une réflexion sur l’opportunité de rendre obligatoire l’hébergement des sans domicile fixe pendant les périodes de grand froid.

Christine Boutin tire pourtant un bilan plutôt positif de l’action gouvernementale dans ce domaine : «Sur le travail qui a été fait depuis avril 2007 en ce qui concerne l’hébergement des personnes sans abri, on n’a pas à rougir puisque nous sommes le premier pays européen en ce qui concerne les efforts budgétaires», a souligné Christine Boutin.

Oui, c’est sûr, il n’y a que 250 morts par an dans la rue, c’est positif, et en tous nettement mieux que si c’était beaucoup pire, hein ?

J’aurais honte moi à sa place, mais bon, je ne suis pas ministre, ça doit faire la différence les ors de la république.

Et le président ?

«il y a un équilibre de bon sens à trouver» entre un hébergement obligatoire et laisser le SDF dans une situation de danger, a-t-il affirmé.

La question est de savoir si cette personne sans domicile «est lucide pour décider de sa vie ou de sa mort». «Est-ce qu’un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, (NDR : voire tué une petite fille après l’avoir violée, c’est sûr) vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu’il a la lucidité (NDR : oui, d’ailleurs sont-ce encore bien des êtres humains, d’ailleurs ?) de savoir s’il veut ou s’il ne veut pas?» être hébergé, a-t-il demandé.

«Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu’on lui propose. (NDR : rôôôôô Le Hilton ou le Fouquet’s ?) Si elle n’en veut pas, elle s’en va, elle reprend la rue, c’est le respect de la dignité de la personne» (NDR : ben oui, c’est tous des trisomiques les SDF : tu leurs proposes une belle chambre d’hôtel chauffée, un bon repas, un super lit, voire une call gril de luxe, et zou, ils refusent parce que c’est non fumeur et préfèrent retourner dans le bois de Vincennes…) de son «autonomie» et de sa «liberté», a-t-il dit. «Avec cette formule on concilie tout le monde», a-t-il affirmé pour répondre aux «intégristes de la liberté» (NDR : ça ne s’invente pas, ça, non ? Oui, bon, quand on est prudent sur le sujet, on est un intégriste de la liberté, forcément. Mais, bon, oui, réflexion faite, finalement, j’aime bien ce qualificatif, il y a tellement d’intégristes de la prison dans ce monde, que j’y vois plus un compliment qu’une insulte) et aux «intégristes de la mise d’office en centre d’urgence» (NDR : il pense à Boutin là lol ?).

Alors les associations, qui savent de quoi elles parlent, elles, ont vivement réagi :

«Nous sommes furieux», a déclaré Patrick Doutreligne, secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre. «Quelques jours à peine après le jugement contre le Dal et les Enfants de Don Quichotte qu’elle a approuvé, Christine Boutin sort cette idée bête. Une idée qui n’a de réalité que parce que la société a peur d’être accusée de laisser ses pauvres mourir de froid…»

«En Allemagne, où la police embarque de force les SDF, les autorités se sont donné les moyens d’avoir des places d’hébergement dignes, des chambres individuelles. Ici, on prend les choses à l’envers!», a-t-il estimé.

Jean-Baptiste Legrand, président des Enfants de Don Quichotte, a quant à lui exprimé son «ras-le-bol»: «Chaque année, on pose cette même question de la mise à l’abri. C’est compliqué de comprendre pourquoi les gens ne veulent pas aller dans les gymnases? Allez au centre Yves Garrel, dans le 11e, vous comprendrez…»

Il s’avoue “découragé” : “On a l’impression de prêcher dans le désert, dit-il. Le rapport d’Etienne Pinte dit tout mais il ne se passe rien. Le gouvernement est prêt à payer des flics pour patrouiller dans le bois de Vincennes mais pas des travailleurs sociaux pour accompagner les gens et les sortir de la misère”. “Tout ça, c’est de la com ! “

Pour Xavier Emmanuelli, le fondateur du Samu social et du Samu international, la proposition de Christine Boutin “ne tient pas debout. J’y suis formellement opposé”, dit-il parlant d’”une grave régression” et se demandant “si l’on veut rétablir le délit de vagabondage” en vigueur jusqu’en 1994.

François Fillon a enfin désamorcé la polémique :

Il a affirmé qu’il n’était «pas question d’obliger» les SDF, sauf en cas de danger vital. «J’ai un profond respect pour la liberté de chacun mais en même temps la non assistance à personne en danger c’est une faute, et c’est une faute qu’un gouvernement ne peut pas accepter», a-t-il déclaré.

«On est attaché à la liberté de chacun, il n’est pas question de revenir sur ces principes, mais à certains moments, notamment dans les grands froids, il y a un devoir d’assistance à personne en danger», a expliqué le chef du gouvernement. «On ne peut pas laisser quelqu’un, dont on sait qu’il risque de mourir, sans tenter le maximum pour essayer de le mettre à l’abri», a-t-il poursuivi estimant qu’il faut «par tous les moyens, convaincre ceux qui sont en danger de mort de rejoindre les centres d’hébergement, ce que, jusqu’à aujourd’hui, ils refusent».

Bref, en gros, rien ne change, on a bien de la com’ et de la polémique avec la gauchequipreferequelessdfilsmeurentdanslarue, et on peut passer à autre chose… Les milliards donnés aux banques peut être ?

Pfff, c’est “Dalo” ça, encore un qui n’a pu se retenir une semaine !!!!

Jeudi matin, vers 10 heures, un ouvrier a découvert le corps sans vie d’un homme dans les toilettes publiques de la place du Pays de Retz, à Rezé, près de Nantes, selon Presse Océan.

L’homme, un sans domicile fixe, âgé de 42 ans, était, d’après plusieurs témoins, un “habitué des lieux”.

La victime était connue des services sociaux de la ville.

Selon Presse Océan “un médiateur était venu à sa rencontre pour lui proposer un hébergement”.

D’après la mairie, l’homme n’avait pas accédé à cette offre.

Il avait préféré rentrer « chez lui »…

sdf+nantes CDG 25 (suite) : Un SDF retrouvé mort dans les toilettes publiques
Chez lui, dans ces toilettes publiques où il est mort dans la nuit de mercredi à jeudi.

Souce (Le Post.fr)

Oui, je sais, je me répète :

“Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid…” (Nicolas Sarkozy 18/12/2006)

Et justement, je me suis demandé : mais est-ce fréquent ces morts dans la rue ? On en parle 2 ou 3 fois à la télé l’hiver, mais a-t-on des chiffres ?

Et bien en fait, très peu. Je vous renvoie sur l’enquête de Rue 89, car officiellement On ne compte pas les SDF morts dans la rue. Ça n’est apparemment une priorité pour personne…

Alors, restent les associations. Et en particulier le Collectif Les Morts de la Rue, qui s’est donné cette mission.
mdlr_logo CDG 25 (suite) : Un SDF retrouvé mort dans les toilettes publiquesJe ne peux d’ailleurs que vous inciter à les soutenir (15 € l’adhésion annuelle, déductible à 66%, soit un cout net de 5 € par an…).

Mais, alors, quelle est la réponse à notre question ? De combien de morts de SDF dans la rue cette association a-t-elle connaissance ?

Et bien le chiffre est ahurissant : environ 250 décès de SDF dans la rue par an. Donc bien plus, cette association n’étant pas un organisme d’Etat. D’âge moyen 48 ans.

Plus encore, cette association, pour honorer leur mémoire, en tient la liste : alors oui, n’oublions pas par exemple :

  • James DENECHERE (mort à 43 ans à Orléans en janvier 2008),
  • Gwenaël LE FLOCH (mort à 22 ans à Nantes en février 2008),
  • Lucienne CHAGOT (morte à 53 ans à Herblay en mars 2008 ),
  • Norbert PRUNET (mort à 27 ans à Poitiers en avril 2008), Christophe
  • Joseph COCCO (mort à 27 ans à Paris en mai 2008),
  • Jean-Luc DELLIAUX (mort à 59 ans à Paris en juin 2008),
  • Franck DESCHAMPS (mort à 35 ans à St Nazaire en juillet 2008),
  • Dusan KANATOR (mort à 28 ans à Ajaccio en août 2008),
  • Christiaen AMARATHAS (mort à 48 ans à Paris en octobre 2008),
  • Jeremy FERREIRA (mort à 24 ans à St Nazaire en novembre 2008),
  • “une femme” (morte à 52 ans à Montpellier en novembre 2008),
  • Bruno MICHEL (mort à 68 ans au Havre, en décembre 2008)…

De nombreux n’ont, bien évidemment, même pas un nom à inscrire sur leur tombe…

Évidemment, “to be continued”…

La politique est l’art de mentir à propos. [Voltaire]

L’ennui avec nos hommes politiques, c’est qu’on croit faire leur caricature, alors qu’on fait leur portrait. [Sennep]

La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. [Paul Valéry]

Faire parler un homme politique sur ses projets et son programme, c’est comme demander à un garçon de restaurant si le menu est bon. [Jean Dutourd]

La politique est l’ensemble des procédés par lesquels des hommes sans prévoyance mènent des hommes sans mémoire. [Jean Mistler]

Les politiques eux-mêmes pensent comme nous de la politique ; ils sont les premiers à l’estimer ce qu’elle vaut ; c’est-à-dire à la mépriser. [Charles Péguy]

Un politique, quel qu’il soit, ne devrait jamais faire ce genre de promesses… Il est toujours utile de se replonger dans les archives…

“Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid…”


Guy Birenbaum exprime très justement :
Pourquoi faut-il que nos campagnes électorales soient toujours des moments pendant lesquels tous nos politiques échangent des arguments et des propositions au minimum démagogiques, au pire mensongères ?

Que vaut encore la parole politique lorsque l’on constate six mois, un an, deux ans après… que ce qui a été promisjurécrachécroixdeboiscroixdefersijemensjevaisenenfer n’était qu’un “coup”, lancé pour avoir les caméras braquées sur soi, le temps d’un meeting ?

À l’ère d’internet, des sites de partage de vidéos et des blogs, il va devenir de plus en plus difficile d’effacer d’un coup de gomme magique ce que l’on a promisjurécrachécroixdeboiscroixdefersijemensjevaisenenfer…

Tous les politiques devraient en prendre conscience.

Et notamment l’auteur, compositeur et interprète du fameux “Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas”

(source Le Post.fr) Paroles, paroles, paroles…

Je vous recommande enfin de lire cette petite enquête de Bakchich : SDF, mensonges et vidéos.

Mais bon, ce n’est pas contre Sarko, tous les hommes politiques pratiquent ce genre de promesses plus que démagogiques, honteuses…

Toutefois, il remet ça, sans honte, hein :

«Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008, dans l’un des pays les plus riches au monde. C’est un scandale», a déclaré le chef de l’État, lors d’un discours sur la politique du logement à Meaux (27/11/2008).

C’est sûr que c’est plus simple de discourir (ici j’ai pris la voix de Marchais dans le Bébête Show “C’est un scaaaandaaaale” mais ça ne passe pas bien par écrit) que d’agir efficacement. Et puis bon, il n’est que président de la République, le gars, et il a encore 15 jours pour sauver les SDF…

Pour finir, un lien intéressant : Julie, 31 ans, deux enfants, raconte sa vie de SDF sur son blog. bon courage à vous !


En politique, il faut donner ce qu’on n’a pas, et promettre ce qu’on ne peut pas donner. [Louis XI]

La politique est l’art de se servir des hommes en leur faisant croire qu’on les sert. [Louis Dumur]

Le mot de “vertu politique” est un non-sens. [Napoléon Bonaparte]

La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent. [Henri Queuille]

La maladie la plus répandue chez les hommes politiques est l’amnésie. [André Frossard]

La politique est l’art de se servir des gens. [Henry de Montherlant]

Pour Orange, la 4ème licence 3G est d’ores et déjà enterrée

Le dossier de la 4ème licence 3G est décidément bien compliqué. Délivré en morceaux aux opérateurs en place ou à un nouvel entrant ? Si à un nouvel entrant, à qui ? Et à quel tarif ? Les critères de sélection ne favorisent-ils pas les opérateurs actuels ? Lire la suite l’article

Pour Orange, il n’y aura pas de nouvel entrant

Et les avis sur le sujet sont relativement disparates. Si Free (évidemment), Matignon et la Commission européenne appuient fortement l’arrivée d’un nouvel entrant, pour SFR, une telle arrivée est inutile et ne fera pas diminuer les prix.

Quant à Orange, sa position semble encore plus nette et limpide. Selon le Canard Enchaîné, qui avait déjà annoncé mi-octobre dernier que la 4ème licence 3G était morte et enterrée, Orange a confirmé cette information.

Didier Lombard, le président de France Télécom/Orange, aurait ainsi avoué de vive voix que « la 4ème licence de téléphone mobile, c’est enterré ». Ces propos auraient été confiés le 3 décembre dernier à des analystes de Société Générale, lors d’une réunion organisée par cette dernière.

Le futur président de l’ARCEP, un bon allié pour Orange ?

Plus troublant encore, Didier Lombard aurait « expliqué qu’il fondait de grands espoirs sur la prochaine nomination d’un “régulateur plus amical” » explique l’hebdomadaire. En effet, l’ARCEP, l’autorité en charge de réguler tout ce qui touche aux télécoms, doit changer de président d’ici peu. Or Paul Champsaur, son actuel président, a récemment annoncé qu’il espérait bien voir un nouvel entrant dans le secteur de la téléphonie. Et ce, sans compter la future baisse des tarifs des terminaisons d’appel, peu aux gouts des opérateurs en place.

Paul Champsaur devrait être remplacé par Jean-Claude Mallet a récemment révélé Le Figaro. Cet ancien secrétaire général de la Défense Nationale, âgé de 53 ans, pourrait ainsi bien prendre la tête de l’ARCEP l’année prochaine. Or selon Didier Lombard, qui confirme cette information, Mallet est un « patriote, plus soucieux de soutenir les champions nationaux que de doper la concurrence ». Des propos qui, s’ils sont confirmés, se passent de commentaires.

Source PC Impact

Dites, on n’est pas censé avoir un président libéral, pour le libre marché, la concurrence, et tout, et tout ?

L’amendement 138 est supprimé, Guy Bono promet son retour

Carton plein pour Christine Albanel : le Conseil européen des ministres Télécoms a décidé de supprimer l’amendement 138 qui mettait à mal le projet de suspension de l’abonnement Internet en cas de téléchargement illégal. Un texte pourtant approuvé par une large majorité du Parlement européen.

Christine Albanel l’avait promis aux sénateurs lors de l’introduction du projet Création et Internet : l’amendement 138 « a suscité beaucoup de réactions, car certains tentent d’instrumentaliser le débat pour bloquer la démarche française alors que le Paquet Télécom ne porte que sur les contenus. La France demandera qu’il ne figure pas dans le texte définitif ; sa portée ne serait d’ailleurs pas suffisante pour remettre en cause notre démarche. » Un texte paradoxal, sans portée mais qu’il fallait fusiller au plus vite tellement le bruit de ce fameux « 138 » pourrissait la démarche huilée de la rue de Valois.

Que dit cet amendement ? Il détaillait qu’« aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire en application notamment de l’article 11 de la charte des droits fondamentaux, sauf en cas de menace à la sécurité publique où la décision judiciaire peut intervenir postérieurement ».

Selon une interprétation largement admise, toute suspension d’abonnement internet dans le cadre de la riposte graduée exigeait l’intervention d’un juge. Or, la démarche rendait particulièrement compliqué la traque de masse organisée par le projet Création et Internet, qui préfère amplement les procédures expéditives (prévision de 10 000 emails par jour et 3 000 lettres recommandées).

Comme prévu, Guy Bono redéposera avec Daniel Cohn Bendit cet amendement en deuxième lecture au Parlement européen en 2009. Le bureau de Guy Bono nous promettait d’ailleurs que si Albanel n’avait pas compris la vraie portée de ce texte, la version II serait nettement plus percutante.

Dans la série, on vit une époque formidable, je vous renvoie sur le Blog de Maitre Eolas :

Le 24 novembre 2008, à 15h45, Monsieur Kurtishji, accompagné de deux policiers en civil, est venu chercher trois de ses quatre enfants (un scolarisé en primaire, deux en maternelle), en pleine classe, pour «un rendez-vous en préfecture», ont compris les enseignants.

«A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon», rapporte une militante du Réseau éducation sans frontières de l’Isère. Prévenus, les permanents de la Cimade, seule association autorisée à entrer dans les centres de rétention, ont cherché les Kurtishji, sans succès. Dès le mardi matin, la famille avait été expulsée vers l’Allemagne, porte par laquelle elle était entrée en Europe.

[...]k%C3%A9pis CDG 22 : Des képis dans le préau

Était-ce à ce point urgent, le risque que cette famille reste malgré tout irrégulièrement en France était-il à ce point intolérable, pour faire débarquer des policiers au milieu de classes de maternelle ? L’élément de surprise s’imposait-il au point d’infliger ce spectacle à des marmots âgés entre 4 et 6 ans, de voir leur copain de classe partir entre deux policiers, comme un criminel, pour ne plus jamais revenir à l’école, sans même pouvoir lui dire au revoir ? C’est ça, qu’on apprend à nos enfants dès la maternelle ?

Avons-nous perdu la raison ?

Rebondissons donc sur le témoignage d’un professeur à Marciac :

Lundi 17 novembre 2008, 10h. 30, école des Métiers du Gers. Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente.

Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »

Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun évènement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable.

Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure. Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement.

C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes…

Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus…

colleges+2 CDG 22 : Des képis dans le préauMerci à Troud