Une excellente enquête du Monde, de Patrick Weill. Extrait de cet article à consulter sur le site

Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Brice Hortefeux, ne manque pas une occasion - comme il l’a encore fait mardi 13 janvier à la veille de quitter son ministère - de brandir fièrement les résultats chiffrés de son action, notamment ceux des reconduites à la frontière. [...]

La police a révélé que 29 799 étrangers en situation irrégulière avaient été reconduits à la frontière en 2008 contre 23 200 en 2007. L’objectif initial était de 26 000 expulsions, mais le ministre de l’immigration, Brice Hortefeux, avait indiqué fin octobre que pour les neuf premiers mois de l’année, “le nombre d’éloignements était supérieur au total des éloignements de toute l’année 2007″. Il avait souligné que, sur ce chiffre 2008, “un gros tiers” était des départs volontaires.

Quand on décortique les chiffres, force est pourtant de constater que la réalité a été camouflée pour tenter à tout prix de pouvoir afficher un bilan conforme aux objectifs plus que volontaristes de maîtrise de l’immigration imposés par le président de la République. Au-delà de ces jongleries statistiques, opérées dans une opacité aussi remarquable que regrettable, ce sont les aberrations bureaucratiques et les contradictions de la politique française d’immigration qui sautent aux yeux. [...]

Pour les responsables de la police, les “vraies” reconduites concernent les étrangers que l’on ramène hors d’une zone de libre circulation vers la France, d’abord en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe de l’Est. Or ces reconduites-là, les plus significatives, n’augmentent pas. Elles représentent moins de la moitié (46 %) des 14 660 reconduites annoncées par M. Hortefeux pour les cinq premiers mois de 2008 et concernent de plus des étrangers simplement “sans papiers”. [...]

Au début de 2008, les préfets ont été ainsi surpris d’entendre un des responsables du cabinet de M. Hortefeux leur indiquer que s’ils ne traitaient pas les demandes de regroupement familial il ne leur en voudrait pas. Au ministère des affaires étrangères, on a été choqué d’entendre le même responsable indiquer son souhait d’en terminer avec l’accueil de boursiers africains, confirmant des instructions quasi officielles données aux services culturels des ambassades de France à l’étranger. Mais le plus souvent, la logique discriminatoire se traduit plus discrètement et efficacement. [...]

Tous les moyens sont bons pour remplir les objectifs chiffrés, y compris les plus artificiels : un touriste venu voyager en Europe avec un visa Schengen - valide trois mois - a séjourné quatre mois ; il repart tranquillement par avion et son passeport est vérifié au moment de l’embarquement à Roissy. Ce touriste est interpellé, présenté à un officier de police judiciaire qui lui délivre une obligation à quitter le territoire qu’il s’apprêtait justement à quitter. Mais c’est une occasion comme une autre de contribuer à remplir les objectifs chiffrés. [...]

Le gouvernement a bien décidé, en juillet 2008, d’ouvrir la porte aux travailleurs des dix nouveaux pays membres de l’Union européenne. Mais il l’a fait trop tard, et cette mesure n’a eu qu’un faible impact. [...]

L’important est toujours que les annonces soient profitables, que les échecs soient camouflés et que l’apparence soit sauve. [...]

Fondée sur des objectifs inatteignables ou indicibles, la nouvelle politique d’immigration a aussi besoin d’opérer dans le silence. D’où la production de données statistiques partielles, des informations de plus en plus contrôlées, et les pressions ou les sanctions visant les acteurs, qui restent critiques. C’est pour avoir conservé sa liberté de parole que la Cimade, qui assure une mission d’aide juridique indispensable aux étrangers dans les centres de rétention, risque de se voir retirer la majeure partie de cette responsabilité.

Discriminatoire, cette politique, en faisant fuir l’élite africaine vers d’autres pays européens ou vers l’Amérique, abaisse dans ce continent l’influence de la France. Bureaucratique, elle n’attire pas l’immigration de travail, même qualifiée. Discrétionnaire, contradictoire et intrusive, elle porte atteinte aux droits de l’homme, néglige la sécurité publique et épuise les fonctionnaires chargés de la mettre en oeuvre. Nicolas Sarkozy continue pourtant d’imprimer un rythme rapide et politique à sa gestion. Cinq lois déjà depuis 2002, un projet de réforme constitutionnelle avorté et deux nouvelles lois annoncées pour 2009. Probablement est-il persuadé que le maintien d’une tension, d’une mobilisation politique permanente autour de l’immigration, reste pour l’avenir, quelles qu’en soient les conséquences, toutes à son bénéfice politique.

Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS

Citons enfin deux réactions :

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a dénoncé lundi les “aspects les plus ségrégatifs” de la politique du ministère de l’immigration, établissant un lien de cause à effet entre la hausse des reconduites à la frontière et la hausse des “contrôles au faciès”. “Les conséquences dramatiques (de cette politique) mènent parfois certaines personnes à se jeter dans l’eau, comme le jeune Baba Traoré qui a trouvé la mort en fuyant la police”, a déclaré Patrick Lozès, président du CRAN, en référence à un étudiant malien mort noyé dans la Marne en avril alors qu’il était sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière.

Pour Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile, la politique mise en œuvre par Brice Hortefeux “confine à l’absurde et à l’inefficacité”. Une opinion partagée par Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, association d’aide aux demandeurs d’asile, qui dénonce le caractère “dogmatique et brutal” des moyens mis en œuvre. Pour le syndicat UNSA, majoritaire au sein de la police, “la politique du chiffre mène à des dérapages” inévitables. “Les personnes des minorités visibles sont effectivement deux fois plus contrôlées que les autres et elles le ressentent douloureusement”, a renchéri Michel Guerlavais, secrétaire national de l’UNSA chargé des questions de droits de l’homme

Toujours dans la lignée des posts précédents, un édito de l’excellent et indispensable Canard Enchainé du 8 janvier 2009 sur notre Président® :

canard Organiser lamnésieC’EST un des vieux trucs de Sarkozy. Il l’a même théorisé : « Agir ne suffit pas. Il faut agir très vite. » Cette bougeotte n’est pas qu’une simple question de tempérament : c’est une stratégie politique. Non seulement l’agité s’agite pour donner l’impression d’agir, mais il s’agite surtout pour qu’on oublie ses précédentes vaines agitations. Pour organiser l’amnésie.

Et en 2009 il va devoir se surpasser. Préparons-nous donc. Exerçons juste un peu notre mémoire.

Commençons par un exemple récent : les voitures incendiées. Plus de 1 000 au dernier réveillon. Et souvenons-nous que la sécurité, c’était normalement son fort. Il l’avait décrété voilà déjà longtemps, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur : « C’est désormais, pour les violences urbaines comme pour la délinquance générale, la tolérance zéro » (30/10/05). Tu parles.

Continuons par le krach : non seulement not’ président n’a rien vu venir, mais encore il croyait dur comme fer aux crédits hypothécaires, donc aux subprimes, cette escroquerie généralisée qui a fait capoter le système financier mondial. À l’inverse de Chirac, qui avait refusé de les importer en France, le candidat Sarkozy y tenait dur comme fer, et nous promettait des merveilles : « Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages » (4/07). Aujourd’hui, tout le monde s’en félicite, si la France résiste mieux que d’autres pays, c’est justement parce que les Français sont peu endettés…

L’allégement des impôts : en avril 2007, il promet de « réduire de quatre points les prélèvements obligatoires en France », « ce qui revient à rendre 68 milliards d’euros aux Français ». Poilade ! Depuis, comme l’a montré « Le Canard »(3/9/08), il a créé un impôt nouveau par mois.

La défense en trémolos du travailleur : « Il faut cesser de faire du travailleur la seule variable d’ajustement de l’économie. Je veux être le président de la réhabilitation des travailleurs et de la hausse du pouvoir d’achat » (7/2/07). Jamais on n’a vu autant de plans sociaux. Quant au pouvoir d’achat…

Le plein-emploi : « Vous en avez assez qu’on vous dise “Le plein-emploi, ce n’est pas possible ! “. Eh bien si, c’est possible !» (27/2/07). La preuve : le nombre de chômeurs vient de repasser au-dessus des 2 millions.

L’auto-augmentation : « Vous en avez assez de tous ces gens qui veulent toujours vous imposer des sacrifices qu’ils ne sont pas capables de s’imposer à eux-mêmes » (27/04). Lui-même s’augmente de 172 %.

L’école : « Comme Jules Ferry fit l’école de la République avec les hussards noirs, nous referons l’école du XXI’ siècle avec les enseignants » (2/2/07). Et de supprimer 13 500 postes de prof à chaque rentrée scolaire.

2009 devrait être un bon cru…

Jean-Luc Porquet

Dans cet ordre d’idées, on regardera en souriant la parodie utilisée pour les voeux du parti communiste…

Comme les suisses ont des journalistes, un article fort intéressant du Temps

Les doutes grandissent sur la frénésie de réformes de Nicolas Sarkozy      

FRANCE. Le signe d’un volontarisme intact ou une fuite en avant destinée à masquer la fin de la «rupture»? Interrogations.

Et une réforme de plus, une! Vendredi, Nicolas Sarkozy a détaillé son projet de réorganisation des hôpitaux publics. La veille, il avait dû rassurer les psychiatres, déstabilisés par ses plans concernant la prise en charge des malades mentaux. Mercredi, il dévoilait une réforme de la procédure pénale, qui remplacerait le juge d’instruction par un «juge de l’instruction», chargé de superviser les enquêtes au lieu de les mener lui-même.

Passé les six mois frénétiques de sa présidence européenne, le chef de l’Etat a retrouvé le rythme des débuts: une annonce par jour, dans les domaines les plus divers et parfois improbables. On attend déjà la réforme du permis de conduire (mardi prochain), un mini-remaniement du gouvernement (peut-être mercredi) et des mesures pour restructurer la presse écrite (bientôt).

La stratégie est connue : il faut occuper le terrain, ne pas laisser l’opposition souffler, dicter en permanence son agenda. Sauf que, cette fois, la technique semble atteindre ses limites. Les médias français, dans l’une de ces analyses politico-psychologiques qu’ils affectionnent, se demandent si le président ne s’est pas lancé dans une fuite en avant, destinée à masquer le manque d’ambition et de direction des réformes.

Signe qui ne trompe pas: son vieil ennemi, Dominique de Villepin, est sorti de son silence hier pour pilonner la «dispersion» de Nicolas Sarkozy. «L’hyperactivité n’est pas suffisante, a déclaré l’ancien premier ministre. Il faut donc un président capable de hiérarchiser les problèmes et de se consacrer à l’essentiel. Faire des images, c’est une chose, mais je crois qu’on a besoin de temps en temps de se recaler à la réalité.»

D’autres observateurs ont noté que Nicolas Sarkozy a dû reculer sur plusieurs dossiers : l’assouplissement du travail le dimanche (repoussé) ou la suppression de postes de professeurs (limitée). Quant à la «rupture», thème préféré du début de mandat, elle s’est faite rare dans ses discours.

Officiellement, bien sûr, le président ne lâche rien. «La rupture, c’est la réforme, et la réforme, c’est la rupture», explique son porte-parole Franck Louvrier. Cette semaine, Nicolas Sarkozy a même revendiqué le terme d’«omniprésident» dont l’a affublé la presse: «Je préfère qu’on dise ça de moi plutôt que roi fainéant», a-t-il expliqué devant les parlementaires de son parti. Mais son intervention n’a guère impressionné l’assistance: «C’était très convenu», estime un proche d’un dirigeant de la majorité.

Le coup de mou de début d’année est un peu une habitude chez Nicolas Sarkozy. L’an dernier, une conférence de presse ratée, centrée sur le nébuleux concept de «politique de civilisation», avait précipité sa chute dans les sondages.

Aujourd’hui, la popularité du président est à nouveau en hausse. Mais la critique sur sa méthode n’a rien perdu de son acuité: «Le problème n’est pas de faire beaucoup de réformes et de les faire vite, mais de les faire avec intensité et résultat, estime Hervé Mariton, un député qui fait figure de dissident au sein de la majorité. Un certain nombre d’entre nous le disent depuis le début du mandat, mais ça s’est aggravé et nous sommes plus nombreux à le penser.»

La crise financière est une autre source d’inquiétude. Nicolas Sarkozy a remporté la présidentielle de 2007 avec un programme d’inspiration essentiellement libérale. Aujourd’hui, il professe un «retour de l’Etat» qui fait grincer des dents une partie de la droite. Elle craint de voir réapparaître un vieux travers français: le président promet de réformer drastiquement les politiques publiques, avant d’y renoncer et de multiplier les dépenses destinées à acheter la paix sociale, ce qui creuse les déficits et la dette.

Dans le jargon politique, cela s’appelle la «chiraquisation». C’est la menace qui plane désormais sur la suite du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 Sylvain Besson, Paris
Samedi 10 janvier 2009

 Bien analysé, non ?

Source NouvelObs.com

Nicolas Sarkozy a estimé vendredi 9 janvier à Strasbourg que l’hôpital ne souffrait pas d’un problème de moyens, comme l’affirment de nombreux syndicats, et rappelé que le budget de l’assurance maladie consacré à l’hôpital avait augmenté de 50% entre 1998 et 2008.

“Comme toujours en France, on ne regarde pas à l’intérieur du moteur ce qui se passe, on dit ‘il faut plus’”, a déploré le chef de l’État en présentant ses vœux aux personnels de santé, et alors que 200 manifestants l’avaient accueilli sur place. “Entre 1998 et 2008, j’ai pris cette période parce qu’il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l’assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C’est 23 milliards d’euros de plus pour l’hôpital au cours des dix dernières années (…) je livre ce chiffre à votre réflexion”, a-t-il poursuivi.

“Le défi de l’hôpital d’aujourd’hui, c’est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l’hôpital doit être mieux organisé”, a ajouté Nicolas Sarkozy, se prononçant pour “une meilleure coopération entre les établissements entre eux et la médecine de ville”.

Après les récents décès survenus dans plusieurs établissements, le président a tenu à indiquer aux personnels qu’il les soutiendrait “en toutes circonstances”, estimant que le système hospitalier français était “l’un des meilleurs du monde”. Il a d’ailleurs qualifié d’”exceptionnels” ces décès, assurant qu’ils “ne sauraient remettre en cause la confiance” dans le système hospitalier. “Les drames récents sont exceptionnels et ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l’hôpital et à ses personnels”, a-t-il affirmé. “L’hôpital est une institution trop importante pour les Français, pour qu’il soit le lieu de polémiques parfaitement déplacées”, a-t-il encore affirmé.

L’Association des médecins urgentistes de France s’est déclarée, samedi 10 janvier, “atterrée par le discours”, la veille à Strasbourg, du président de la République sur l’hôpital public. Le gouvernement n’a de cesse de rétorquer que l’hôpital a assez de moyens, mais trop mal utilisés. L’AMUF considère que “l’argument de la nécessité d’une réorganisation ne tient pas”, car selon elle, “la précédente réforme, dite Hôpital 2007, était une réforme organisationnelle” mais “est un lamentable échec”.

“Une telle négation de la réalité des faits est inacceptable. La méthode Coué face à une crise de cette ampleur est une grave faute politique”, poursuite le communiqué. Indignée, l’AMUF estime que ses alertes sur le manque de moyens des hôpitaux “ont été méprisées et balayées d’un revers de main par les gens qui sont censés nous gouverner (…) Ils n’ont rien fait et l’hôpital est en situation de rupture”. “Comment accepter cet aveuglement, identique à celui du gouvernement de 2003 qui, en pleine catastrophe, niait les morts liés à la canicule ?”. Lors de l’inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, Nicolas Sarkozy a formellement exclu de débloquer de nouveaux fonds pour l’hôpital public.                           

Mais il s’arrête des fois Sarko ? À suivre dans le prochain post..

Source NouvelObs.com

Lors de l’audience de rentrée solennelle de la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de supprimer la fonction de juge d’instruction, remplacée par un juge de l’instruction qui ne dirigera plus les enquêtes.

Un cordon de gendarmes a bloqué l’accès à la Cour de cassation à une centaine d’avocats et de juges d’instruction qui se sont rassemblés sur les marches du palais de justice pour dénoncer une “justice à deux vitesses” et qui scandaient “avocats, magistrats pour une justice indépendante”.

Plusieurs juges d’instruction antiterroristes, comme Marc Trévidic ou Marie-Antoinette Houyvet, financiers (dont la doyenne des juges d’instruction parisiens Françoise Desset) ou spécialisés dans la criminalité organisée (Jean-Louis Périès, Baudouin Thouvenot) ou la santé publique (Marie-Odile Bertella-Geffroy) ont participé au rassemblement.

De nombreux avocats, dont Mes Léon-Lef Forster, Françoise Cotta ou encore Patrick Maisonneuve, ainsi que la présidente de l’Association française des magistrats instructeurs (AFMI), Catherine Giudicelli, y ont également pris part.

“Que les magistrats instructeurs soient supprimés entraînerait une situation arbitraire inquiétante“, a estimé Me Forster. Selon lui, “nous assistons déjà dans les enquêtes préliminaires, les citations directes, les comparutions immédiates à des enquêtes non contradictoires qui ne préservent pas les droits de la défense et qui ne sont pas toujours efficaces dans la recherche de la vérité”.

À l’issue du rassemblement, les manifestants ont appelé à “des états généraux de l’ensemble du monde judiciaire dans les délais les plus brefs pour préparer la réplique au projet”. 

La suppression du juge d’instruction au profit d’une enquête menée par le seul parquet constitue la menace d’une des plus graves régressions en matière de droits de la défense et d’équilibre du procès pénal que la France connaîtrait depuis ces dernières années“, écrit la Ligue des Droits De l’Homme dans un communiqué. En matière d’équilibre entre accusation et défense, “les dérives actuelles ne trouveront aucune solution dans le renforcement du pouvoir de la police et du parquet”, ajoute-t-elle, intimant au gouvernement de “revoir la copie de sa politique pénale au lieu de supprimer tout obstacle à son contrôle indépendant”.

Eva Joly : “Dans la solution qu’il propose, votre président de la République, les enquêtes seront confiées à un parquet qui lui est soumis”, a commenté sur Europe 1. Les magistrats du parquet sont hiérarchiquement soumis au ministère de la Justice. “Comment est-ce qu’on peut croire cinq minutes qu’un parquet aux ordres mènera plus et mieux les enquêtes et assurera mieux les libertés publiques qu’un juge?”, a-t-elle demandé. “Pour moi c’est une régression (…) un verrou pour empêcher les enquêtes qui gênent le pouvoir politique” et “cette réforme ne doit pas passer”, a insisté l’ancienne magistrate.

Corinne Lepage, vice-présidente du Mouvement Démocrate (MoDem) et avocate à la Cour d’Appel de Paris : “Après la réforme de l’audiovisuel public, le fichage généralisé, cette réforme qui n’a aucun caractère d’urgence participe d’un ensemble cohérent qui n’a pour seul objectif que de verrouiller l’appareil démocratique et favoriser une certaine délinquance, notamment politico-financière, en toute sécurité”. “La suppression du juge d’instruction vient donc en quelque sorte coiffer cet édifice afin de disposer d’une justice aux ordres, après avoir construit un système de contrôle direct et indirect des médias“. “Dans la mesure où d’ores et déjà la constitution de partie civile a été considérablement réduite”, un tel projet “signifierait qu’en réalité, plus aucune affaire politico-financière ou aucune affaire déplaisant au pouvoir ne pourrait faire l’objet d’une instruction en France”. 

Les autres réactions           

On remarque le cynisme et la com’ sur le ton “on change un juge d’instruction en juge de l’instruction, vous voyez, ce n’est rien”… Grave repli démocratique, réforme de nouveau précipitée et bâclée, sans concertation - c’est une vraie manie…

juge-luciditéjuge-2 Fin du juge dinstruction

Merci à Delucq - Visitez son site ! et à Jardin - Visitez son site !

tribunal1 Fin du juge dinstructionjuge-lucide

Merci à Large - Visitez son site ! et à Delize - Visitez son site !

Source NouvelObs.com

Le bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre traduit une hausse d’environ 30% par rapport à 2007. La Seine-Saint-Denis, le Bas-Rhin, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et le Nord ont été les départements les plus touchés.

voiture-brulee-300x214 1 147 véhicules brûlés : une hausse de 30% - Sarko a LA solution

Le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 1er janvier, le bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre. 1 147 véhicules ont été incendiés contre 878 durant la même période de l’année précédente, soit une hausse de plus de 30%. Département par département, le plus grand nombre de véhicules a été incendié en Seine-Saint-Denis (130), dans le Bas-Rhin (91), le Val-de-Marne (80), le Val-d’Oise (68) et le Nord (65). Le ministère de l’Intérieur note que dans un certain nombre de départements ruraux, qui ne sont pas connus pour être des théâtres de violences urbaines habituelles, des véhicules ont néanmoins été incendiés, alors qu’il n’y en avait pas les années précédentes.

Si “on constate sur cette nuit précise une augmentation ponctuelle du phénomène des incendies de voitures”, reconnaît le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, cette augmentation est toutefois “en totale contradiction avec le bilan annuel qui, lui, est en recul de près de 15%”.

Selon la même source, sur “les onze premiers mois de l’année 2008, 36.700 véhicules avaient été incendiés, soit 6.000 de moins que sur la même période” de 2007. Au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre, 288 personnes ont été interpellées contre 259 l’année précédente (+11,20%), dont 219 placées en garde à vue contre 166 (+31,93%).

 OK, les chiffres sont en baisse tant mieux. Mais pourquoi les médias ne se demandent-ils pas par quel miracle plus de 110 voitures brulent toutes les nuits en France, surtout avec un aussi bon Président ?

Interdiction de passer le permis : le PS dénonce du “n’importe quoi”

Le chef de l’État a souhaité jeudi que les incendiaires de voitures soient empêchés de passer le permis de conduire “aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité”.

Pour le PS, vouloir interdire le passage du permis de conduire aux incendiaires de voitures, tant qu’ils n’auront pas indemnisé totalement leurs victimes, est une “grossière diversion” afin de masquer un bilan “alarmant”.

La députée socialiste, Delphine Batho, a qualifié vendredi 2 janvier de “grand n’importe quoi” la proposition de Nicolas Sarkozy d’interdire le passage du permis de conduire aux incendiaires de voitures, tant qu’ils n’auront pas indemnisé totalement leurs victimes. “L’annonce de Nicolas Sarkozy d’empêcher les incendiaires de voiture de passer le permis est du grand n’importe quoi”, affirme la députée des Deux-Sèvres dans un communiqué. “La plupart des incendiaires n’ont même pas l’âge requis pour passer le permis!”, écrit-elle, qualifiant les idées du président de la République de “grossières diversions” destinées à masquer un bilan qu’elle juge “alarmant”.

“Trois ans après les émeutes de novembre 2005, et après une année 2008 marquée par plusieurs épisodes graves de violences urbaines et plus diffuses dans de multiples quartiers, il faut à présent vigoureusement dénoncer l’échec complet de la stratégie de sécurité du gouvernement”, estime Delphine Batho.” Au lieu d’empêcher les voitures de brûler, (Nicolas Sarkozy) propose donc une nouvelle punition compliquée et inapplicable”, déclare la députée, qui appelle à une “autre politique de sécurité”, fondée sur une “vraie police de quartier”, une “sanction précoce” et un “effort massif en matière de prévention éducative”. 

C’est vrai que N’importe quoi est quand même le meilleur résumé… Les incendiaires ont 12 ou 13 ans, donc c’est sûr que :

  1. c’est approprié,
  2.  ils doivent avoir très peur, et vont désormais y réfléchir à deux fois fin 2009
  3. surtout que, bien qu’ils sont tellement dé-sociabilisés qu’on peut se demander quand ils vont retourner vivre dans des grottes, ce sont de parfaits citoyens qui sont du style à ne pas rouler sans permis déjà aujourd’hui…

voitures brulées

 Merci à Delize - Visitez son site !

Nicolas Sarkozy réduit la peine de Jean Charles Marchiani

marchiani-300x199 Amnistie

Jean-Charles Marchiani et Charles Pasqua, en 2000.
© Jean-Bernard Vernier

Nicolas Sarkozy va ramener la peine de 3 ans de prison à 2 ans et demi pour l’ex préfet du Var Jean-Charles Marchiani, aujourd’hui incarcéré. Cela ne permet pas une libération immédiate de ce proche de Charles Pasqua, mais grâce au système de libération conditionnelle, il pourrait sortir rapidement. Jean-Charles Marchiani purge actuellement une peine de prison de 3 ans pour “trafic d’influence par personne dépositaire de l’autorité publique”. Il est également poursuivi dans le cadre du procès de l’Angola Gate, affaire pour laquelle il pourrait être condamné à une autre peine de prison ferme.

Depuis son arrivée à l’Elysée en mai 2007, le président de la République se refuse à procéder à des mesures de grâce collective, contrairement à ses prédécesseurs, mais juge les grâces individuelles utiles “pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles”.

Dans un courrier à la garde des Sceaux rendu public par l’Elysée en novembre, Nicolas Sarkozy expliquait vouloir récompenser les condamnés qui “font preuve d’une détermination hors du commun à suivre une formation professionnelle, à rechercher un emploi ou à suivre des soins pour que leur sortie se déroule dans les meilleures conditions” ou d’autres qui ont fait “par leur comportement à l’occasion d’une situation particulière, la preuve d’un courage ou d’une solidarité exemplaire”.

Maintenant, petit retour en arrière :

conference-de-presse-de-nicolas-sarkozy-300x169 Amnistie

8 juin 2006, Sarko pour sa conférence de presse pour ses 4 ans place Beauveau :

“Si un jour je devais avoir des responsabilités, l’une des premières choses que je ferais, c’est de supprimer le droit de grâce et l’amnistie“. Il a ajouté ne pas vouloir “porter de jugement sur le cas particulier de Guy Drut, mais sur un principe plus général : il y a un principe qui s’appelle la séparation des pouvoirs, c’est un principe républicain”.

6 juillet 2006, BALLAN-MIRE, Indre-et-Loire (AP) -

Je ne crois pas que la démocratie soit compatible avec le droit de grâce et le droit d’amnistie“, a lâché jeudi le président de l’UMP Nicolas Sarkozy, à quelques jours de la traditionnelle grâce présidentielle que doit décréter Jacques Chirac. “Ce n’est pas parce qu’on est élu au suffrage universel qu’on doit amnistier tel ou tel“, a ajouté M. Sarkozy.

14 juillet 2006 :

Sarkozy contre le droit de grâce présidentiel (2006)

En résumé :


graces-selectives-300x231 Amnistie

Merci à Delize - Visitez son site !