Lu sur NouvelObs.com : La cour d’appel a confirmé la peine de 30 euros d’amende avec sursis contre l’homme qui avait brandi une affichette portant l’inscription “Casse toi pov’con” devant la voiture de Nicolas Sarkozy.

eon Casse toi povcon : amende avec sursis confirmée en appelLa cour d’appel d’Angers a confirmé mardi 24 mars la peine de 30 euros d’amende avec sursis pour “offense au chef de l’Etat” contre le militant de gauche Hervé Eon qui avait brandi une affichette portant l’inscription “Casse toi pov’con” devant la voiture de Nicolas Sarkozy à Laval.
La cour d’appel a confirmé le délit d’offense en soulignant que Hervé Eon avait préparé son acte et délibérément brandi son affichette au passage du cortège présidentiel le 28 août dernier à Laval. “Son engagement politique et la nature même des propos employés, parfaitement prémédités, exclut définitivement toute notion de bonne foi”, indique l’arrêt de la cour.

Hervé Eon, qui milite au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, a déclaré qu’il allait se pourvoir en cassation et qu’il était prêt à aller, si nécessaire, devant la Cour européenne des droits de l’homme. Ce procès “est un combat politique pour l’abrogation du délit d’offense”, a-t-il expliqué, entouré d’une quinzaine de membres de son comité de soutien. “On est encore dans le ridicule. On me condamne mais on me dispense de peine”, a-t-il dit. Selon lui, 30 euros avec sursis “c’est quasiment une relaxe inavouée”.

L’avocate de Hervé Eon, Me Dominique Noguères, a plaidé la relaxe, estimant que le délit d’offense, très peu utilisé sous la Vème république, “ne correspondait plus à la réalité d’aujourd’hui”. “Au fond de moi-même, je n’ai pas le sentiment d’avoir offensé le chef de l’Etat” et “je n’irai pas m’excuser”, avait déclaré Hervé Eon lors de l’audience le 3 février.

La phrase “casse-toi pauvre con” a été popularisée par une vidéo diffusée en 2007 sur Internet, où l’on voyait Nicolas Sarkozy prononcer ces mots au Salon de l’agriculture à l’adresse d’un visiteur qui refusait de lui serrer la main en lui disant “ah non touche moi pas”.

Enfin, je vous suggère de lire le post de Maître Eolas consacré à ce sujet : Casse-toi, pov’délit

Un excellent article de Courrier International, sur la campagne Israelienne. Je trouve frappante l’argumentation, qui fleure tellement bon le fascisme des années 30…

Aujourd’hui, le parti Israël Beiteinou réclame des preuves de loyauté aux Arabes. Et, demain,à tout Israélien en désaccord avec ses idées ?

Le slogan “Bli ne’emanout, ein ezrahout” [Sans loyauté, pas de citoyenneté] appartient aux régimes les plus sombres de l’Histoire, des régimes qui emprisonnent, torturent, envoient aux travaux forcés ou font “disparaître” les gens suspectés de déloyauté. Dans les pays soumis à ces régimes, les citoyens vivent dans la peur. Lorsqu’ils se racontent des blagues, c’est en cachette car, sous ces régimes, des programmes comme Aretz nehderet [“Un pays magnifique”, les Guignols de l’info israéliens] sont impensables. Et la peur de parler et d’être dénoncé par des amis ou par des voisins est totale.

“Sans loyauté, pas de citoyenneté”. A première vue, quoi de plus logique ? Pourquoi le pays devrait-il choyer ceux qui font preuve d’infidélité à son égard ou qui lui veulent du mal ? Pourtant, ce slogan est un piège qui ne nous promet qu’une vie de peur. Car, dans le fond, qui sera habilité à déterminer notre degré de loyauté ? Comment fera-t-on la distinction entre la déloyauté et le désaccord politique avec une position officielle ? Dès lors que cette déloyauté sera définie par les autorités, toute forme de critique sera interprétée comme de la déloyauté.

“Lieberman ne parle pas de nous [les Juifs]”, pensent la plupart des Israéliens. Et pourtant, si. Le programme d’Israël Beiteinou a le mérite de ne rien cacher. Dans le chapitre “Citoyenneté et égalité”, sous le titre “La fermeté contre la subversion”, il est écrit : “Nous ferons le nécessaire pour interdire les partis et les organisations dont les paroles ou les actes constituent une atteinte à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif sioniste.” Quant aux spots menaçants d’Israël Beiteinou, quels exemples de déloyauté montrent-ils ? Une manifestation contre l’opération Plomb durci [la guerre à Gaza en janvier 2009] organisée devant l’Université hébraïque de Jérusalem ! C’est clair et net. Où se situe le seuil de loyauté ? Au Balad [parti autonomiste arabe] ? Au Hadash [ex-communiste judéo-arabe] ? Au Meretz [social-démocrate et pacifiste] ? Ou carrément à Kadima [le parti centriste de Tzipi Livni], qui a lancé des négociations sur la restitution du Golan ?

Avez-vous un jour donné de l’argent au mouvement La Paix maintenant ? Avez-vous déshonoré Israël en participant à la manifestation de masse contre les massacres de Sabra et Chatila [1982] ? Avez-vous soutenu les accords d’Oslo lors de la manifestation du 4 novembre 1995 [où fut assassiné Yitzhak Rabin] ? Avez-vous soutenu l’évacuation des colonies de Gaza [2005], c’est-à-dire fait l’apologie de la cession de territoires à l’ennemi et donné une prime au terrorisme ? Ce n’est pas le fruit de mon imagination. Le 2 octobre 2007, dans une interview accordée à [la radio militaire] Galei Tsahal [à l’occasion des 40 ans du Goush Etzion, un bloc de colonies à l’ouest de Bethléem], Lieberman, alors ministre des Questions stratégiques, s’en était pris vertement à ceux qui militaient pour le boycott des artistes soutenant la colonisation de peuplement. “Tous nos ennuis, tous nos problèmes, toutes nos victimes, c’est à cause de ces gens. Nos problèmes ne viennent ni du monde extérieur ni de la communauté internationale, mais de ces gens.”

Une fois que nous serons engagés sur ce terrain glissant, il sera difficile de remonter la pente. Au début, la loi ne s’en prendra qu’à la minorité arabe. Mais, très vite, ce sera chaque citoyen qui se demandera s’il met en danger son emploi ou sa famille. A partir de là, seuls des gens issus de l’élite israélienne seront encore capables de protester, avant d’être eux aussi réduits au silence. C’est ce qui s’est passé en Argentine, en Chine, en Iran, en URSS et, oui, en Allemagne.

Que le parti de Lieberman soit l’un des piliers de la future coalition ou qu’il dirige l’opposition, ses lois sur la loyauté finiront bien par être votées. Et si la Cour suprême s’avise de l’en empêcher, il tentera de restreindre ses compétences. Tout simplement parce qu’Israël Beiteinou prône la restriction des droits les plus élémentaires sur lesquels se fonde toute société démocratique, à commencer par la liberté d’opinion. Et, si l’on supprime ces droits, il n’y a plus de démocratie.

Léon Deouell - Professeur de psychologie à l’Université hébraïque de Jérusalem.
Yediot Aharonot

Je reviens sur un post précédent consacré à RSF. J’avais noté d’aimables commentaires, du genre :

ici sur marianne.fr :

RSF marchait sur deux jambes : la défense des journalistes réprimés dans le monde et la réflexion critique sur le métier de journaliste. Un second volet auquel tenait beaucoup Guillebaud : i«quand on interpelle les leaders des pays du tiers-monde sur les atteintes aux libertés de la presse chez eux, la question qui se pose automatiquement à nous, est de savoir quel usage nous faisons de notre liberté.» Or, au bout de sept ans, Robert Ménard a arrêté la critique des médias au prétexte que l’on ne pouvait à la fois tendre la sébile aux médias d’une main et leur donner des coups de bâton de l’autre. [...] [NDR. je n'en sais rien, mais s'il mène déjà à bien lecombat contre la repression des journalistes, ce serait déjà bien... Mais c'est vrai qu'il ne fait rien pour lutter contre les talibans, le terrorisme, la drogue, la guerre en irak, la disparition des bébés phoques et de l'ours blanc, etc.]

Mais on doit également noter que la PME RSF prend des allures de multinationale du Bien : 5 000 tee-shirts noirs vendus en deux jours, par ici la monnaie ! [NDR Et oui, c'est sûr, en plus une ONG n'a pas besoin d'argent c'est bien connu !!! Et 5 000 fois 2 ou 3 euros de marge, ils vont acheter plein de chateaux... Rien que le prix des billets pour aller à Olympie et les frais d'avocat auront absorbé une bonne partie, mais bon...] En tout Bien tout honneur, rétorquera-t-il en ex-trotskiste roué et rhéteur, et il aura raison.

là, sur Rue89 :

Ce pied-noir de 54 ans, fils d’un militant de l’OAS, [NDR : il n'aurait pas un grand père nazi des fois aussi ?] a exercé de nombreux métiers [...]

Toujours vif, jamais posé, le patron -réélu au poste de secrétaire général tous les cinq ans- de RSF est toujours à un rien du dérapage verbal. Cet homme d’allure plutôt austère donne l’impression de n’être jamais dans la réflexion. Il dit ne pas aimer les “grands discours”, préférer l’action. Et il semble mépriser l’attitude “très française” qui consiste à mettre de la “philosophie” dans toute chose. [...]

Ménard l’a souvent expliqué, sans détour : il ne critique pas les médias français car il en a besoin pour relayer le message de RSF. [...]

Actif, pragmatique et rudement susceptible. Robert Ménard ne supporte pas la critique.

là encore, sur Acrimed :

Ménard a ” longtemps été militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) avant d’effectuer un bref passage au Parti socialiste ” [NDR Oui, comme Jospin par exemple] [...]

Mais Ménard, ” dans un souci d’efficacité autant que par tempérament ” (sic) choisit délibérément d’abandonner… le deuxième aspect, la critique des médias : il ne veut pas risquer d’entrer en conflit avec les grands patrons de la presse française :

” Je découvre, en somme, qu’il est difficile de mener de front nos deux activités : pour défendre les journalistes dans le monde, nous avons besoin du soutien consensuel de la profession, tandis que la réflexion critique sur le métier de journaliste prête par définition à polémique. Comment, par exemple, organiser un débat sur la concentration de la presse et demander ensuite à Havas ou à Hachette de sponsoriser un évènement ? ” écrit-il en 2001 dans son livre Ces journalistes qu’on veut faire taire. [...]

Tandis que Brauman ” continue de déplorer l’autoritarisme de Robert Ménard et la “dictature domestique”, qu’il fait, selon lui, régner sur RSF. “

Un réponse de sa part sur nonfiction :

Il a avoué ne pas assumer certaines prises de positions faites au nom de l’association. “On n’ose pas aller contre l’opinion publique. Je le regrette et j’en ai honte”.

Lors de cette conférence, organisée par la fondation Forum 2000, le journaliste s’est attaché à livrer sa vision des médias et du journalisme. Ou plutôt des journalismes : difficile en effet de mettre sur le même plan les conditions de travail éprouvées en France et en Érythrée. Néanmoins, “on se doit d’être exigeant dans nos propres démocraties”, dit-il. “Aujourd’hui, les journalistes français sont menacés par deux choses : la séduction des politiciens et l’opinion publique.” Robert Ménard s’était pourtant bien gardé d’orienter le projecteur à l’intérieur de son propre pays en tant que secrétaire général de RSF, et pour cause : “J’ai trop besoin de la presse pour la critiquer comme j’en ai envie, et pourtant elle est critiquable.”

Mais la plus agréable, est celle-là je pense sur Cuba Solidarity Project :

Robert “RSF” Ménard défend la publication de Mein Kampf par ALLARD Jean-Guy le 7 novembre 2006

Ses interlocuteurs n’en croyaient pas leurs oreilles. Robert Ménard, chef de la controversée [NDR Ah bon ?] ONG française Reporters sans Frontières, défendant avec véhémence le droit de publier sur Internet des textes qui nient les massacres de juifs par les nazis, de propagande fasciste et même du livre Mein Kampf, de Adolf Hitler.

Mardi le 31 0ctobre, 19h45, sur les ondes d’Europe-1, l’animateur Pierre-Marie Christin recevait à son émission À l’air libre, Ménard et trois spécialistes d’Internet dont le sociologue Philippe Breton.

En commençant son intervention, Ménard répète son habituelle rhétorique sur un réseau où tout est permis, accompagnant ses théories d’attaques contre la Chine, la Tunisie et toute une série de pays où l’État ne permet pas une utilisation échevelée du réseau des réseaux.

Breton l’interrompt alors : « On a l’impression qu’avec Internet on fait la promotion d’un monde qui serait hors la loi, qui serait par nature en dehors des lois des différents états nationaux (…) En France, une partie des contenus Internet sont hors la loi, sont contrevenants par rapport aux lois françaises »

« Ce discours d’une liberté d’expression totale aboutit à transformer un formidable outil en un océan de désinformation », ajoute le spécialiste [NDR Merci "le spécialiste".. Pourrais-tu alors expliquer au couillon que je suis ce qu'est une "liberté d'expression non totale", donc partielle steplé ? Du coup, en Chine, il y a bien une liberté d'expression, certes partielle ?Saint Noam, priez pur lui...] Ménard réplique hors de contexte et essaie de s’éloigner d’un débat qu’il sait risqué.

Breton l’interpelle de nouveau, lui rappelant qu’un an auparavant, quand des organisations sociales ont demandé à un tribunal l’interdiction de sites néo-nazis, Reporters sans frontières s’était opposé à cette demande [NDR Oui, c'est tous des nazis qui défilent au pas de l'oie le matin].

Ménard n’a alors eu d’autres choix que de confirmer le fait mais s’est lancé de nouveau dans une rhétorique à laquelle est déjà habitué son public. Le sociologue Breton lui a alors lancé une question bien claire : « En France, Mein Kampf est interdit de publication, d’édition, est-ce que vous considérez que sur Internet on peut mettre Mein Kampf au nom de la liberté d’expression ? »

« Bien sûr », a répondu Ménard, provoquant la désapprobation générale des participants en studio.

Bien. Ce post un peu long n’a évidemment pas pour but de défendre Robert Ménard, ni d’expliquer qu’il a le meilleur caractère du monde et qu’il faut le sanctifier.

MAIS, je me dis juste, tous ces beaux penseurs qui trainent les autres dans la boue, qu’ont-il fait concrètement pour améliorer ce monde ?

Ménard a été arrêté deux fois en 2008, dont une fois à Paris, le 14 juillet, alros qu’il manifestait contre la venue du président syrien… Et vous ?

Il y a des critiques qui ne demeurent “critique” que le temps de n’avoir pas réfléchi. [Paul Valéry]

Tant qu’il y aura des dictatures, je n’aurai pas le coeur à critiquer une démocratie. [Jean Rostand]

Un critique qui n’a rien produit est un lâche. [Théophile Gautier]

La critique est une chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre. [Jean-Jacques Rousseau]

La critique est la puissance des impuissants. [Alphonse de Lamartine]

Quand on fait quelque chose, on provoque des critiques chez trois catégories de personnes : 1) celles qui font la même chose ; 2) celles qui font le contraire ; 3) et surtout celles qui ne font rien. [George S. Patton]

Ce qu’il y a de bien avec Rachida Dati, c’est que, même dans une période où on est surchargé et où on a un peu moins de temps pour son blog, et bien elle trouve le moyen de faire un discours qui vous impose un post à une heure du mat… Donc :
08 décembre 2008
Conference de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE
Discours de Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice

Je suis très heureuse et honorée de participer à cette première conférence de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, à Paris. La déontologie de la presse et la recherche de la fiabilité des sources d’information sont des garanties contre les dérives de la liberté d’expression. Car la liberté d’expression ne peut pas être une porte ouverte à la diffusion de toutes les opinions, quelles qu’elles soient. Elle impose un équilibre entre le droit à la parole et le respect des valeurs morales et politiques. La recherche de cet équilibre est plus importante que jamais au moment où nous pénétrons dans l’ère numérique, et je sais que la Ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, réfléchit avec tous nos partenaires européens sur ce sujet.
Vous avez peut-être lu trop vite, on se la refait alors…
La liberté d’expression ne peut pas être une porte ouverte à la diffusion de toutes les opinions, quelles qu’elles soient.

Est-il bien utile de faire un commentaire à cette anerie qui fait frémir (il ne manque que les “valeurs religieuses” d’ailleurs).

Allez, oui, laissons-donc Noam Chomsky parler de la liberté d’expression :

Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.

En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partagaient leur point de vue…

J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. »

Interview de Noam Chomsky au monde diplomatique

C’est moi où on en a moins parlé que de la bourde de Royal sur la célérité de la justice chinoise. C’est dommage, ça leur plairait bien pourtant cette phrase, aux chinois…

Si l’on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on n’y croit pas du tout. [Noam Chomsky]

Nicolas Sarkozy a rencontré le dalaï-lama en Pologne le 6 décembre 2008. “C’est la première fois que le président de la république, ou un président de la république française, reçoit publiquement sa sainteté le dalaï lama”, met en avant Wangpo Bashi, représentant du chef spirituel bouddhiste.

C’était au départ une cérémonie prévue en l’honneur du 25e anniversaire du Nobel remis à Lech Walesa… C’est devenu une journée politique fortement ancrée dans l’actualité : Nicolas Sarkozy, invité à cette commémoration, en a profité pour discuter climat avec les chefs de gouvernement des neuf pays d’Europe centrale et orientale (lire ci-contre) et surtout pour rencontrer le dalaï-lama, invité comme d’autres Nobel aux côtés de l’ancien leader de Solidarnosc.

L’entretien a duré à peine une petite demi-heure. Pékin avait manifesté son mécontentement, la semaine dernière, en reportant son sommet annuel avec l’Union européenne puis en laissant se répandre les menaces de boycott de produits français. « Il faut gérer tout ceci avec calme », a déclaré hier le président français en veillant à « ne pas dramatiser » cet événement : « Les autorités chinoises savaient parfaitement que ce rendez-vous aurait lieu avant la fin de l’année. Je l’avais toujours dit. »

Au début de la rencontre, le dalaï-lama a posé sur les épaules de Nicolas Sarkozy le kata, la traditionnelle écharpe blanche tibétaine. Puis il a fait part au président français de ses « inquiétudes » à propos de la situation au Tibet. « Inquiétudes qui sont partagées en Europe », a commenté l’actuel président de l’Union en pesant ses mots pour ne pas en rajouter dans la brouille franco-chinoise : « Le dalaï-lama, a-t-il ajouté, m’a indiqué combien il avait soutenu mon voyage à Pékin pour les J.O. et combien lui-même avait souhaité que les Jeux olympiques soient un succès ».

L’indépendance du Tibet ? « J’ai toujours considéré qu’il n’y avait qu’une Chine. Que le Tibet en faisait partie. Le dalaï-lama lui-même ne plaide pas pour l’indépendance… Le monde a besoin d’une Chine ouverte, qui participe à la gouvernance mondiale. »

La réaction chinoise suite à la rencontre entre le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, et le Dalaï Lama ne s’est pas fait attendre.

Le communiqué de l’Agence Chine Nouvelle condamne l’entretien entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama, qualifié d’approche opportuniste, imprudente et manquant de perspicacité sur la question du Tibet. « Un acte peu judicieux, ajoute encore ce communiqué, qui froisse les sentiments du peuple chinois et sape les relations entre la France et la Chine ».

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