Source NouvelObs.com

Lors de l’audience de rentrée solennelle de la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de supprimer la fonction de juge d’instruction, remplacée par un juge de l’instruction qui ne dirigera plus les enquêtes.

Un cordon de gendarmes a bloqué l’accès à la Cour de cassation à une centaine d’avocats et de juges d’instruction qui se sont rassemblés sur les marches du palais de justice pour dénoncer une “justice à deux vitesses” et qui scandaient “avocats, magistrats pour une justice indépendante”.

Plusieurs juges d’instruction antiterroristes, comme Marc Trévidic ou Marie-Antoinette Houyvet, financiers (dont la doyenne des juges d’instruction parisiens Françoise Desset) ou spécialisés dans la criminalité organisée (Jean-Louis Périès, Baudouin Thouvenot) ou la santé publique (Marie-Odile Bertella-Geffroy) ont participé au rassemblement.

De nombreux avocats, dont Mes Léon-Lef Forster, Françoise Cotta ou encore Patrick Maisonneuve, ainsi que la présidente de l’Association française des magistrats instructeurs (AFMI), Catherine Giudicelli, y ont également pris part.

“Que les magistrats instructeurs soient supprimés entraînerait une situation arbitraire inquiétante“, a estimé Me Forster. Selon lui, “nous assistons déjà dans les enquêtes préliminaires, les citations directes, les comparutions immédiates à des enquêtes non contradictoires qui ne préservent pas les droits de la défense et qui ne sont pas toujours efficaces dans la recherche de la vérité”.

À l’issue du rassemblement, les manifestants ont appelé à “des états généraux de l’ensemble du monde judiciaire dans les délais les plus brefs pour préparer la réplique au projet”. 

La suppression du juge d’instruction au profit d’une enquête menée par le seul parquet constitue la menace d’une des plus graves régressions en matière de droits de la défense et d’équilibre du procès pénal que la France connaîtrait depuis ces dernières années“, écrit la Ligue des Droits De l’Homme dans un communiqué. En matière d’équilibre entre accusation et défense, “les dérives actuelles ne trouveront aucune solution dans le renforcement du pouvoir de la police et du parquet”, ajoute-t-elle, intimant au gouvernement de “revoir la copie de sa politique pénale au lieu de supprimer tout obstacle à son contrôle indépendant”.

Eva Joly : “Dans la solution qu’il propose, votre président de la République, les enquêtes seront confiées à un parquet qui lui est soumis”, a commenté sur Europe 1. Les magistrats du parquet sont hiérarchiquement soumis au ministère de la Justice. “Comment est-ce qu’on peut croire cinq minutes qu’un parquet aux ordres mènera plus et mieux les enquêtes et assurera mieux les libertés publiques qu’un juge?”, a-t-elle demandé. “Pour moi c’est une régression (…) un verrou pour empêcher les enquêtes qui gênent le pouvoir politique” et “cette réforme ne doit pas passer”, a insisté l’ancienne magistrate.

Corinne Lepage, vice-présidente du Mouvement Démocrate (MoDem) et avocate à la Cour d’Appel de Paris : “Après la réforme de l’audiovisuel public, le fichage généralisé, cette réforme qui n’a aucun caractère d’urgence participe d’un ensemble cohérent qui n’a pour seul objectif que de verrouiller l’appareil démocratique et favoriser une certaine délinquance, notamment politico-financière, en toute sécurité”. “La suppression du juge d’instruction vient donc en quelque sorte coiffer cet édifice afin de disposer d’une justice aux ordres, après avoir construit un système de contrôle direct et indirect des médias“. “Dans la mesure où d’ores et déjà la constitution de partie civile a été considérablement réduite”, un tel projet “signifierait qu’en réalité, plus aucune affaire politico-financière ou aucune affaire déplaisant au pouvoir ne pourrait faire l’objet d’une instruction en France”. 

Les autres réactions           

On remarque le cynisme et la com’ sur le ton “on change un juge d’instruction en juge de l’instruction, vous voyez, ce n’est rien”… Grave repli démocratique, réforme de nouveau précipitée et bâclée, sans concertation - c’est une vraie manie…

juge-luciditéjuge-2 Fin du juge dinstruction

Merci à Delucq - Visitez son site ! et à Jardin - Visitez son site !

tribunal1 Fin du juge dinstructionjuge-lucide

Merci à Large - Visitez son site ! et à Delize - Visitez son site !

Source NouvelObs.com

Le bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre traduit une hausse d’environ 30% par rapport à 2007. La Seine-Saint-Denis, le Bas-Rhin, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et le Nord ont été les départements les plus touchés.

voiture-brulee-300x214 1 147 véhicules brûlés : une hausse de 30% - Sarko a LA solution

Le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 1er janvier, le bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre. 1 147 véhicules ont été incendiés contre 878 durant la même période de l’année précédente, soit une hausse de plus de 30%. Département par département, le plus grand nombre de véhicules a été incendié en Seine-Saint-Denis (130), dans le Bas-Rhin (91), le Val-de-Marne (80), le Val-d’Oise (68) et le Nord (65). Le ministère de l’Intérieur note que dans un certain nombre de départements ruraux, qui ne sont pas connus pour être des théâtres de violences urbaines habituelles, des véhicules ont néanmoins été incendiés, alors qu’il n’y en avait pas les années précédentes.

Si “on constate sur cette nuit précise une augmentation ponctuelle du phénomène des incendies de voitures”, reconnaît le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, cette augmentation est toutefois “en totale contradiction avec le bilan annuel qui, lui, est en recul de près de 15%”.

Selon la même source, sur “les onze premiers mois de l’année 2008, 36.700 véhicules avaient été incendiés, soit 6.000 de moins que sur la même période” de 2007. Au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre, 288 personnes ont été interpellées contre 259 l’année précédente (+11,20%), dont 219 placées en garde à vue contre 166 (+31,93%).

 OK, les chiffres sont en baisse tant mieux. Mais pourquoi les médias ne se demandent-ils pas par quel miracle plus de 110 voitures brulent toutes les nuits en France, surtout avec un aussi bon Président ?

Interdiction de passer le permis : le PS dénonce du “n’importe quoi”

Le chef de l’État a souhaité jeudi que les incendiaires de voitures soient empêchés de passer le permis de conduire “aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité”.

Pour le PS, vouloir interdire le passage du permis de conduire aux incendiaires de voitures, tant qu’ils n’auront pas indemnisé totalement leurs victimes, est une “grossière diversion” afin de masquer un bilan “alarmant”.

La députée socialiste, Delphine Batho, a qualifié vendredi 2 janvier de “grand n’importe quoi” la proposition de Nicolas Sarkozy d’interdire le passage du permis de conduire aux incendiaires de voitures, tant qu’ils n’auront pas indemnisé totalement leurs victimes. “L’annonce de Nicolas Sarkozy d’empêcher les incendiaires de voiture de passer le permis est du grand n’importe quoi”, affirme la députée des Deux-Sèvres dans un communiqué. “La plupart des incendiaires n’ont même pas l’âge requis pour passer le permis!”, écrit-elle, qualifiant les idées du président de la République de “grossières diversions” destinées à masquer un bilan qu’elle juge “alarmant”.

“Trois ans après les émeutes de novembre 2005, et après une année 2008 marquée par plusieurs épisodes graves de violences urbaines et plus diffuses dans de multiples quartiers, il faut à présent vigoureusement dénoncer l’échec complet de la stratégie de sécurité du gouvernement”, estime Delphine Batho.” Au lieu d’empêcher les voitures de brûler, (Nicolas Sarkozy) propose donc une nouvelle punition compliquée et inapplicable”, déclare la députée, qui appelle à une “autre politique de sécurité”, fondée sur une “vraie police de quartier”, une “sanction précoce” et un “effort massif en matière de prévention éducative”. 

C’est vrai que N’importe quoi est quand même le meilleur résumé… Les incendiaires ont 12 ou 13 ans, donc c’est sûr que :

  1. c’est approprié,
  2.  ils doivent avoir très peur, et vont désormais y réfléchir à deux fois fin 2009
  3. surtout que, bien qu’ils sont tellement dé-sociabilisés qu’on peut se demander quand ils vont retourner vivre dans des grottes, ce sont de parfaits citoyens qui sont du style à ne pas rouler sans permis déjà aujourd’hui…

voitures brulées

 Merci à Delize - Visitez son site !

Nicolas Sarkozy réduit la peine de Jean Charles Marchiani

marchiani-300x199 Amnistie

Jean-Charles Marchiani et Charles Pasqua, en 2000.
© Jean-Bernard Vernier

Nicolas Sarkozy va ramener la peine de 3 ans de prison à 2 ans et demi pour l’ex préfet du Var Jean-Charles Marchiani, aujourd’hui incarcéré. Cela ne permet pas une libération immédiate de ce proche de Charles Pasqua, mais grâce au système de libération conditionnelle, il pourrait sortir rapidement. Jean-Charles Marchiani purge actuellement une peine de prison de 3 ans pour “trafic d’influence par personne dépositaire de l’autorité publique”. Il est également poursuivi dans le cadre du procès de l’Angola Gate, affaire pour laquelle il pourrait être condamné à une autre peine de prison ferme.

Depuis son arrivée à l’Elysée en mai 2007, le président de la République se refuse à procéder à des mesures de grâce collective, contrairement à ses prédécesseurs, mais juge les grâces individuelles utiles “pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles”.

Dans un courrier à la garde des Sceaux rendu public par l’Elysée en novembre, Nicolas Sarkozy expliquait vouloir récompenser les condamnés qui “font preuve d’une détermination hors du commun à suivre une formation professionnelle, à rechercher un emploi ou à suivre des soins pour que leur sortie se déroule dans les meilleures conditions” ou d’autres qui ont fait “par leur comportement à l’occasion d’une situation particulière, la preuve d’un courage ou d’une solidarité exemplaire”.

Maintenant, petit retour en arrière :

conference-de-presse-de-nicolas-sarkozy-300x169 Amnistie

8 juin 2006, Sarko pour sa conférence de presse pour ses 4 ans place Beauveau :

“Si un jour je devais avoir des responsabilités, l’une des premières choses que je ferais, c’est de supprimer le droit de grâce et l’amnistie“. Il a ajouté ne pas vouloir “porter de jugement sur le cas particulier de Guy Drut, mais sur un principe plus général : il y a un principe qui s’appelle la séparation des pouvoirs, c’est un principe républicain”.

6 juillet 2006, BALLAN-MIRE, Indre-et-Loire (AP) -

Je ne crois pas que la démocratie soit compatible avec le droit de grâce et le droit d’amnistie“, a lâché jeudi le président de l’UMP Nicolas Sarkozy, à quelques jours de la traditionnelle grâce présidentielle que doit décréter Jacques Chirac. “Ce n’est pas parce qu’on est élu au suffrage universel qu’on doit amnistier tel ou tel“, a ajouté M. Sarkozy.

14 juillet 2006 :

Sarkozy contre le droit de grâce présidentiel (2006)

En résumé :


graces-selectives-300x231 Amnistie

Merci à Delize - Visitez son site !

Quand je pense qu’on se creuse la tête à imaginer des caricatures, alors qu’il suffit d’observer l’original pour se régaler !


Sarkozy et le travail le dimanche
Merci à 20Minutes

dimanche Sarkozy et le travail du dimanche... Une obsession ?

Merci à Goubelle - Visitez son site !

dimanche Sarkozy et le travail du dimanche... Une obsession ?

Merci à Large - Visitez son site !

dimanche-21 Sarkozy et le travail du dimanche... Une obsession ?

Merci à Delucq - Visitez son site !

travail-dimanche

Merci à Tartrais - Visitez son site !

Il est partout !

Un fou sévit, hop, une loi ! Encore plus rapide que Lucky Luke pour dégainer son nouveau code pénal que l’encre de la dernière modification n’est même pas sèche… Et je ne parle même pas de gros mots comme décrets d’application - mais nous y reviendrons…

Jeune poignardé à Grenoble : Sarkozy annonce une réforme de l’HP

L’Elysée a annoncé, jeudi 13 novembre, que Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé de lancer une réforme de l’hospitalisation psychiatrique, après la mort d’un étudiant poignardé mercredi par un homme échappé d’un hôpital à Grenoble, a annoncé l’Elysée.

Lors d’une réunion à l’Elysée avec Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Roselyne Bachelot, le chef de l’Etat a demandé “aux trois ministres de préparer sans délai une réforme en profondeur du droit de l’hospitalisation psychiatrique”, a indiqué la présidence dans un communiqué.

Cette réforme devra permettre de “mieux encadrer les sorties des établissements“, “améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui, dans le cadre notamment de la création d’un fichier national des hospitalisations d’office“, et “clarifier le partage des compétences administratives dans le pilotage de ces dossiers”, ajoute l’Elysée.

Il a annoncé un projet de loi que devra préparer sa ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur l’hospitalisation d’office. Mesure-phare: la sortie, même temporaire, des patients hospitalisés de force sera désormais soumise à l’approbation finale du préfet. “La décision, ce doit être l’Etat ou dans certains cas la justice, pas les experts“, [NDR Il peut y avoir une certaine logique, mais dit comme ça, cela me fait froid dans le dos, en rapport avec certains pays ou l'Etat a beaucoup décidé des internements, seul...] a-t-il jugé. Même si “l’avis des experts est indispensable”, “je ne suis pas pour une société d’experts“, a-t-il lancé devant une centaine de professionnels de la psychiatrie qui ont manifesté une certaine désapprobation.

“Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière”, “certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d’un dispositif de géolocalisation” capable de donner l’alerte en cas de fugue, a-t-il annoncé et des chambres d’isolement seront également aménagées.

Beaucoup de médecins ont marqué leur réticence face à l’accent mis sur la surveillance et les malades hospitalisés sous la contrainte. Le Pr Jean-Pierre Olié, chef de service hôpital Sainte-Anne de Paris, a jugé “surprenant” la surveillance du patient par GPS, qui relève selon lui de la “confusion entre délinquance et maladie”.

Plus tôt, le chef de l’Etat avait fait part de sa “consternation” devant la mort de l’étudiant et exprimé “sa sympathie très attristée aux parents et à l’entourage de la victime”.

Cet étudiant-chercheur d’une école d’ingénieur est décédé dans la soirée de mercredi, vers 22h45 au CHU de Grenoble qui l’avait admis dans un état critique, après qu’il eut reçu un coup de couteau dans le ventre. Ses blessures ont été provoquées par un homme de 56 ans qui s’était échappé d’un hôpital psychiatrique où il était placé d’office après des faits similaires.

L’équipe médicale de l’hôpital où était interné le déséquilibré, n’avait pourtant observé aucun signe laissant “présager qu’il allait commettre” de tels “actes”, avait déclaré à RTL le directeur de l’hôpital de Saint-Egrève (Isère).

“Rien, en ce qui concerne l’équipe médicale, qui a observé ce patient ces derniers temps, ne laissait présager qu’il allait commettre des actes de la nature de ceux qui lui sont reprochés aujourd’hui”, avait déclaré le directeur, Michel Gellion, peu avant le décès de l’étudiant.

“L’équipe médicale estimait qu’il y avait nécessité de le réhabiliter dans le sens où il faut le réhabituer à vivre dans la cité”, avait-il poursuivi.

Mercredi, l’homme, qui souffrirait de schizophrénie, a fugué, pris un bus pour Grenoble, acheté un couteau avant de frapper le premier passant venu, un étudiant de 26 ans. Par le passé, il avait déjà commis trois agressions du même type, blessant grièvement trois personnes.

L’homme serait l’auteur de trois faits similaires par le passé, qui auraient abouti à son placement d’office en hôpital psychiatrique. En 1989, il a poignardé dans le ventre un clochard à Grenoble, en 1995 un autre passant dans la ville après s’être échappé de l’hôpital, puis en 2006 un résident d’une maison de retraite de Miribel-les-Echelles (Isère).

NOUVELOBS.COM

Clairement, l’acte est attroce. La réaction du personnel médical l’est aussi, qui s’étonne que ce malade ait récidivé une quatrième fois…

Les soins psychiatriques sont à l’évidence à reformer.

MAIS :

  1. pourquoi c’est toujours Sarko qui s’occupe de tout ?
  2. pourquoi c’est toujours suite à un fait divers qu’on veut traiter un problème ?
  3. a fortioti dans l’urgence ?
  4. et surtout, comment dire, rarement dans le sens d’une amélioration des libertés publiques (mais oui, ne pas se prendre un coup de couteau est aussi une sacrée liberté publique !)… ?

Nicolas Sarkozy, Carla, le carrosse, les Français et le roi guillotiné…
Devant les élus de la majorité réunis à l’Élysée, le chef de l’État s’est dit déterminé à légiférer sur le travail dominical. Mais il a aussi laissé poindre sa vision de sa fonction… et de ses dangers !

«Posez vos questions. Soyez le plus libre possible et je serai le plus franc possible !»

Le libéral Jean-Michel Fourgous a été sèchement repris quand il a proposé, après Bernard Accoyer, une «amnistie fiscale» pour rapatrier de l’étranger des capitaux. Résolument hostile à la suggestion de l’aile la plus libérale de sa majorité, Sarkozy a rétorqué : «Si j’étais assez dingue pour proposer à François Fillon une amnistie fiscale, on verrait ce qu’on verrait. Au nom du symbole, les Français peuvent renverser le pays. Regardez ce qui se passe en Grèce». Utilisant la métaphore royaliste, il a conclu sur ce point : «Les Français adorent quand je suis avec Carla dans le carrosse mais en même temps ils ont guillotiné le roi

Amusant commentaire sur Lepost.fr

Compteur pour blog gratuit
Rappelons le feuilleton de l’hébergement obligatoire des SDF l’hiver (sic ! On n’appelle pas ça emprisonnement normalement en français ?)
Le gouvernement a «le devoir et la responsabilité» de «ne pas laisser mourir» les SDF de froid. Pour répondre à cette injonction de Nicolas Sarkozy ce mercredi en Conseil des ministres, la ministre du Logement a annoncé le lancement d’une réflexion sur l’opportunité de rendre obligatoire l’hébergement des sans domicile fixe pendant les périodes de grand froid.

Christine Boutin tire pourtant un bilan plutôt positif de l’action gouvernementale dans ce domaine : «Sur le travail qui a été fait depuis avril 2007 en ce qui concerne l’hébergement des personnes sans abri, on n’a pas à rougir puisque nous sommes le premier pays européen en ce qui concerne les efforts budgétaires», a souligné Christine Boutin.

Oui, c’est sûr, il n’y a que 250 morts par an dans la rue, c’est positif, et en tous nettement mieux que si c’était beaucoup pire, hein ?

J’aurais honte moi à sa place, mais bon, je ne suis pas ministre, ça doit faire la différence les ors de la république.

Et le président ?

«il y a un équilibre de bon sens à trouver» entre un hébergement obligatoire et laisser le SDF dans une situation de danger, a-t-il affirmé.

La question est de savoir si cette personne sans domicile «est lucide pour décider de sa vie ou de sa mort». «Est-ce qu’un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, (NDR : voire tué une petite fille après l’avoir violée, c’est sûr) vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu’il a la lucidité (NDR : oui, d’ailleurs sont-ce encore bien des êtres humains, d’ailleurs ?) de savoir s’il veut ou s’il ne veut pas?» être hébergé, a-t-il demandé.

«Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu’on lui propose. (NDR : rôôôôô Le Hilton ou le Fouquet’s ?) Si elle n’en veut pas, elle s’en va, elle reprend la rue, c’est le respect de la dignité de la personne» (NDR : ben oui, c’est tous des trisomiques les SDF : tu leurs proposes une belle chambre d’hôtel chauffée, un bon repas, un super lit, voire une call gril de luxe, et zou, ils refusent parce que c’est non fumeur et préfèrent retourner dans le bois de Vincennes…) de son «autonomie» et de sa «liberté», a-t-il dit. «Avec cette formule on concilie tout le monde», a-t-il affirmé pour répondre aux «intégristes de la liberté» (NDR : ça ne s’invente pas, ça, non ? Oui, bon, quand on est prudent sur le sujet, on est un intégriste de la liberté, forcément. Mais, bon, oui, réflexion faite, finalement, j’aime bien ce qualificatif, il y a tellement d’intégristes de la prison dans ce monde, que j’y vois plus un compliment qu’une insulte) et aux «intégristes de la mise d’office en centre d’urgence» (NDR : il pense à Boutin là lol ?).

Alors les associations, qui savent de quoi elles parlent, elles, ont vivement réagi :

«Nous sommes furieux», a déclaré Patrick Doutreligne, secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre. «Quelques jours à peine après le jugement contre le Dal et les Enfants de Don Quichotte qu’elle a approuvé, Christine Boutin sort cette idée bête. Une idée qui n’a de réalité que parce que la société a peur d’être accusée de laisser ses pauvres mourir de froid…»

«En Allemagne, où la police embarque de force les SDF, les autorités se sont donné les moyens d’avoir des places d’hébergement dignes, des chambres individuelles. Ici, on prend les choses à l’envers!», a-t-il estimé.

Jean-Baptiste Legrand, président des Enfants de Don Quichotte, a quant à lui exprimé son «ras-le-bol»: «Chaque année, on pose cette même question de la mise à l’abri. C’est compliqué de comprendre pourquoi les gens ne veulent pas aller dans les gymnases? Allez au centre Yves Garrel, dans le 11e, vous comprendrez…»

Il s’avoue “découragé” : “On a l’impression de prêcher dans le désert, dit-il. Le rapport d’Etienne Pinte dit tout mais il ne se passe rien. Le gouvernement est prêt à payer des flics pour patrouiller dans le bois de Vincennes mais pas des travailleurs sociaux pour accompagner les gens et les sortir de la misère”. “Tout ça, c’est de la com ! “

Pour Xavier Emmanuelli, le fondateur du Samu social et du Samu international, la proposition de Christine Boutin “ne tient pas debout. J’y suis formellement opposé”, dit-il parlant d’”une grave régression” et se demandant “si l’on veut rétablir le délit de vagabondage” en vigueur jusqu’en 1994.

François Fillon a enfin désamorcé la polémique :

Il a affirmé qu’il n’était «pas question d’obliger» les SDF, sauf en cas de danger vital. «J’ai un profond respect pour la liberté de chacun mais en même temps la non assistance à personne en danger c’est une faute, et c’est une faute qu’un gouvernement ne peut pas accepter», a-t-il déclaré.

«On est attaché à la liberté de chacun, il n’est pas question de revenir sur ces principes, mais à certains moments, notamment dans les grands froids, il y a un devoir d’assistance à personne en danger», a expliqué le chef du gouvernement. «On ne peut pas laisser quelqu’un, dont on sait qu’il risque de mourir, sans tenter le maximum pour essayer de le mettre à l’abri», a-t-il poursuivi estimant qu’il faut «par tous les moyens, convaincre ceux qui sont en danger de mort de rejoindre les centres d’hébergement, ce que, jusqu’à aujourd’hui, ils refusent».

Bref, en gros, rien ne change, on a bien de la com’ et de la polémique avec la gauchequipreferequelessdfilsmeurentdanslarue, et on peut passer à autre chose… Les milliards donnés aux banques peut être ?